Legolasda’s Weblog

octobre 19, 2007

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 1

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 2:26
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La vie à Paris n’est pas bien difficile, suis-je forcé de reconnaître. Qu’ai-je fait ces derniers jours, si l ‘on choisit bien sur, de mettre à part mes quelques divertissantes mais vagues escapades universitaires ? Et bien, je suis allé au cinéma. Et c’est donc à la lumière de cette affluence personnelle pas extraordinaire mais néanmoins soutenue, que j’ai trouvé judicieux de faire un point sur cette rentrée cinématographique, prolifique mais pas nécessairement en qualité.

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Pour commencer, donc, l’événement du 7ème art hexagonal du mois de septembre. 99fr, l’adaptation par Kounen du livre de Beigbeder avec Jean Dujardin. Equation étonnante et appétissante que celle d’un projet qui a eu le bon goût de se faire désirer, souffrant d’une production chaotique et du désaveu général des chaînes de télévision, principaux producteurs du cinéma français, institution que le film se charge de démonter avec une certaine acuité et un courage on ne peut plus respectable. Car il est bien là le problème de 99fr, on ne peut que sympathiser avec un propos aussi frondeur et détonnant, trop inhabituel dans ces contrées.

Au final ? Dujardin est merveilleux comme à son habitude, et Kounen réutilise avec maestria un passé publicitaire pour cracher dans la soupe avec panache et personnalité. Et ? C’est à peu près tout… Des fulgurances de mise en scène, quelques fous rires et nous y voilà. Un manque de rythme qu’on tente péniblement de cacher derrière une certaine générosité visuelle et sonore. Des influences digérées, certes, mais souvent recrachées avec maladresse dans des scènes de trip pas toujours pertinentes. Un manque de clarté dans le propos. Kounen n’est pas (encore ?) Fincher, et il n’est pas Gilliam non plus. Dans Fight Club, la profusion formelle est proportionnelle à une véritable générosité thématique, philosophique et politique. Las Vegas Parano gagne, lui, au fil des visions : la succession de trips, l’humour et le génie des acteurs ne sont que les pointillés d’une merveilleuse toile impressionnistes peignant l’échec d’une époque, la nostalgie d’une génération.

Kounen était plus intéressant en roue libre dans le désert avec Blueberry. Ce retour à la réalité du cinéma français avec 99fr ne fait qu’illustrer son déphasage le plus total vis-à-vis d’une société qu’il a un peu renoncé à comprendre ou à analyser. Dommage, mais pas tant que ça, car des peloches gauloises de cette envergure chaque semaine dans les salles, et je serais au paradis des cinéphiles…

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