Legolasda’s Weblog

octobre 19, 2007

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 2

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 2:39
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On passera la Vengeance dans la Peau, vu deux fois lui aussi, remarquable conclusion d’une trilogie sans esbroufe mais non dépourvue de talent, de sincérité et de pertinence.

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Non, le vrai coup de cœur du mois (de l’année), le voici : En Cloque, Mode d’emploi. Que je perde mon étiquette cinéphile sérieux et esthète, je n’en ai absolument rien à foutre, tant que je pourrais voir des films de Judd Apatow je serais heureux. Producteur heureux de géniales comédies avec Will Ferrel, Apatow est devenu en l’espace de quelques mois un réalisateur qui compte à Hollywood après le succès de 40 ans, toujours puceau, et les deux cartons successifs de En Cloque, Mode d’emploi (qui nous intéresse ici donc) et Supergrave (qui sort à la fin du mois en France et qui s’annonce plus burlesque mais tout aussi jouissif). Me voici donc dans une salle des Champs-Élysées, ayant sérieusement bataillé pour trouver une salle qui projette le film en VO, encadré de mes deux fiers compagnons de salle, Lola et Arnaud au deuxième rang, ce qui fait toujours un peu mal à la tête pendant les 5 premières minutes car on doit en permanence bouger les yeux pour voir à la fois les sous-titres et le visage de ces si charmants acteurs.

Les acteurs, tiens parlons-en des acteurs. Seth Roger, bien entendu, m’était inconnu. Bien sûr j’ai reconnu sa tronche, car on les retrouve toujours quelque part dans toute cette nouvelle vague de la comédie américaine. Un caméo dans un film avec Ben Stiller, le buddy de Will Ferrel dans une pantalonnade éhontée, et en quelques années on peut, semble-t-il avoir son petit film à soi. Et espérons qu’il en aura d’autres, l’ami Seth, car il est pour beaucoup dans la réussite de ce petit bijou. Pas franchement hilarant (pourtant y’a du potentiel diront certains devant son physique hilarant), le bonhomme surprend par la tendresse et la douceur qu’il peut laisser sortir de cette carcasse de canadien bourru. Katherine Heigl n’est quant à elle pas totalement étrangère à ma présence dans cette salle du 8ème arrondissement le mercredi de la sortie. J’étais déjà tombé fou amoureux de son naturel maladroit, de ses yeux embués et de sa physionomie généreuse et attachante qui casse avec la Sainte Trinité Spears-Hilton-Simpson (une Jessica d’ailleurs gentiment mais sûrement égratignée dans le film).

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Mais je m’égare… Comment déclamer de la façon la plus pertinente et lisible mon amour pour cette œuvre au titre si ingrat ? … Ah oui… Tout à l’heure nous parlions de 99fr. Et bien, le cinéma, le bon cinéma, le cinéma qu’on aime à voir et à revoir, c’est un peu une question d’équilibre. Un équilibre entre le fond et la forme. Entre ce qui rend un personnage détestable et ce qui le rend attachant. Entre le burlesque le plus pur et le romantisme le plus tendre. En Cloque… C’est tout à fait ça ! On est constamment sous le charme des acteurs, on s’identifie totalement aux personnages, le moindre second rôle est traité avec une tendresse qui fait chaud au cœur, et on ne tombe absolument jamais dans le cliché. Vous croyez que le gros moche fumeur de joint balise parce qu’il n’a pas un corps de rêve ? Tout faux, il s’assume très bien et par pour un trip sous champi à Las Vegas avec son beau-frère… Vous croyez que la charmante animatrice de télévision a honte de son petit copain et que le film raconte sa progressive mais prévisible découverte de la beauté intérieure ? Tout faux encore, elle a des poussées d’hormones démentielles et se comporte comme une tigresse au lit en plein 8ème mois au grand dam du futur papa qui a peur de « toucher le bébé ». Et tout ça, avec une sincerité et une simplicité dont on ne se souvenait même plus de l’existence.

Ce qui frappe en premier lieu, donc, c’est le naturel des situations et leur évolution. La société apparaît non pas comme quelque chose de parfait, mais comme un terrain miné d’injustices certes déplaisantes mais dont on peut tout aussi bien faire fi, pour son plus grand bonheur. Donc, non ! On est pas dans le Diable s’Habille en Prada, ou Anne Hattaway se rend compte au dernier moment de la superficialité dont elle été la victime pendant des mois. Pas de Hugh Grant rattrapant in extremis la femme de sa vie dans les couloirs de l’aéroport. On a pas à grappiller cinq minutes d’hilarité en échange d’une morale lourde et insistante. On a tout simplement sous les yeux, un vrai film, entier, fluide, homogène, sincère et beau.

C’est la Garçonnière de notre époque. Il faudra peut-être quelques années pour affirmer si oui ou non Judd Apatow en est le Billy Wilder, mais ce qu’on peut dire pour le moment c’est qu’il a donné un sacré bon coup à un genre qu’on croyait disparu : La Comédie Américaine, avec des majuscules. Celle de Capra, Edwards, Sturges et bien sûr Wilder. Tout en restant moderne, c’est pas beau ça ?

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Un commentaire »

  1. Bonne critique, que je trouve assez digne d’une critique plus officielle (j’entends par là dans un magasine)
    J’ai adoré “40 ans toujours puceau”, et je pense que je vais de ce pas aller voir celui-ci…
    J’ajouterais un com pour raconter mes impressions :p

    Commentaire par Kittie — octobre 21, 2007 @ 10:30


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