Quelques jours plus tard, après une nouvelle session université pas des plus passionnantes, un de mes proches amis, que je ne citerais pas, me propose ce deal avec une verve digne des plus flamboyantes interprétations de Joe Pesci « Ecoute, je dois aller travailler mais je meurs d’envie d’aller voir Halloween ce soir à 20h ». Ok, très bien moi aussi. Rob Zombie est mon idole absolue, et j’essaye d’aller voir ce film très mal desservi sur la capitale depuis des jours (là aussi, pour trouver une VO bon courage…) Mais je fais quoi moi exactement en attendant. Et voilà que mon mafieux sicilien préféré me répond « T’as qu’à aller voir Sa Majesté Minor en attendant… Tu vas voir c’est rigolo ».
Je me soumettais à sa pas si bête imprécation, me rappelant que finalement je n’avais pas grand chose contre Jean-Jacques Annaud et qu’un tel tollé critique ne pouvait être que totalement suspect. Et encore une fois, comment peut-on vraiment critiquer ce film ? On ne peut pas l’encenser non plus, bien sur. Mais pourquoi taper de façon aussi violente et éhontée sur ce qui est original ? Qui sort un peu de l’ordinaire ? Nous ne sommes pas en présence d’un film qu’on analysera dans les cours de cinéma dans 30 ans, à l’inverse des films dont Annaud se prétend l’héritier (Fellini, Pasolini et compagnie), certes. Mais est-ce que c’est honnêtement ce qu’on attend de Jean-Jacques Annaud ? Bien sur que non. C’est un franc-tireur, qui fait ses films incroyablement chers et originaux comme il peut. Quand on veut faire de l’original avec des papas et des mamans ours, ça marche. Quand on met en scène la sodomie d’un homme cochon par un satyre belliqueux et grande gueule, ça marche moins. Et cette greffe entre cinéma populaire, fable, mythologie et paillard, ça ne marche pas du tout. Le spectateur moyen, qui ne s’attend pas à voir un miracle de cinématographie pure quand il est entré de la salle, en a eu pour son argent, rigolant bien aux pitreries d’un trio de vieilles gueules impayables (Rufus – Brasseur – Bideau, il fallait y penser…), appréciant à sa juste valeur un accomplissement technique agréable pour la rétine et se gaussant doucement d’assister à cette incursion de légère subversion au sein du mainstream français.
Et le pire c’est que deux personnes ont quitté la salle (déjà pas bien remplie) avant la fin de la seconde bobine… Il en faut vraiment peu.

octobre 28, 2007
CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 3
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