
Faut que ça danse! de Noémie Lvovski
Titre mensonger pour comédie intéressante sur le traumatise d’Auschwitz. Les meilleures scènes découlent de cet aspect : un hilarant assassinat d’Hitler ou une sobre visite au musée de la déportation. L’aspect chronique familliale tient moins le cap, malgré notre tresor national Jean-Pierre Marielle ou la prestation de Bulle Ogier. Sabine Azema fait sa Sabine Azema (ce qui lui réussit toujours) et Valeria Bruni-Tedeschi égale à elle-même et à son jeu habituel. C’est pas vraiment un cinéma qui me botte. On était plus en droit de préférer les Sentiments, son premier film. C’est du cinéma un poil trop Femisard et prétentieux pour moi je dois l’admettre.

Darling de Christine Carrière
La réalisatrice maitrise parfaitement son sujet, arrive à parler de la France profonde avec gravité et drédibilité tout en évitant l’ecueuil de la caricaturisation, ce qui n’était pas facile avec une telle histoire (une femme martyr subissant tour à tour les coups de son père puis de son mari). Le tout grace à l’intérpretation tout en finesse de Marina Foïs et d’une simple volonté de conter, de réciter, indépendament d’eventuelles ambitions sociologiques. Ce que le film réussit avec un relatif brio et un sens de l’émotion admirable.

American Gangster de Ridley Scott
Je hais Ridley Scott. Le premier Alien n’a jamais été mon préféré. J’ai toujours trouvé Blade Runner chiant et daté. Et Gladiator merite sans hésitation le titre de film le plus surestimé de ces dix dernières années. Alors, faut me comprendre. J’ai du me battre contre toute mon hypocrisie et ma mauvaise foi, pour concéder que la bande-annonce de son nouveau film donnait envie de prendre son billet pour une séance. Il faut préciser que j’avais aimé Kingdom of Heaven et que quand il s’y met et qu’il reste à sa place d’honnete faiseur, Ridley Scott peut produire un cinéma tout à fait respectable, voire très bon. Ce qui est attirant dans le projet de Scott, mis à part son casting, c’est cette envie de traiter le film de gangster 70’s à la lumière du contexte social américain de l’époque, ce que les Coppola et Scorsese n’avaient jamais eu l’occasion de faire à l’époque, manque de recul. Prétention historique tout à fait justifiable. C’est une Amérique en lutte avec ses valeurs et sa morale à laquelle s’interesse Scott. Il peut même se déssiner, comme me l’a si bien fait remarqué Joe Pesci (j’ajoute donc un copyright), des thèmes réccurrents au sein de l’oeuvre du réalisateur : une fascination pour les dichotomies du Bien et du Mal, de l’ordre et du hors la loi.
Avec ça, un certain esprit boyscout, naïf. Ce qui fait toujours l’originalité du cinéma de Scott, c’est le happy end. Pas un happy-end purement hollywoodien, plutôt une juste récompense pour des personnages qui bourlinguent beaucoup et en chient pendant tout le film. Dans un film plus péssimiste (donc un film “normal”…) le héros idéaliste se heurterait au roc de l’institution, de la corruption, d’enjeux tellement disproportionnés qu’ils le renvoient à son condition de petit mortel. Ici, l’aspect réaliste et historique ne transige en aucun cas avec l’idealisme de Scott et de sa croyance en une justice des hommes efficace.
Autre aspect intéressant, l’influence totalement assumé des series américaines. On retrouve les notions de famille et les relations entre familles des Soprano. Et la bande de policiers bras cassé incorruptibles de The Wire. Donc les séries américaines qui se seraient nourries du cinéma serait en train de renvoyer la pareille. American Gangster béneficie de la même ambition que les shows précités. Il bénéficie aussi d’un solide savoir faire, d’un excellent casting et d’une approche historique du film de gangster qui apporte une plus value non négligeable à une oeuvre définitivement politique et decidée à dénoncer la complexité morale et éthique de la première démocratie du monde.
Après le hold up réalisé par François Cluzet l’année dernière qui a usurpé le césar du meilleur acteur, alors que Jean “OSS 117″ Dujardin le méritait amplement et sans contestation, j’espère qu’en 2008, Marina Foïs vainquera et dévancera notre pourtant tant aimée Marion Cotillard.
Commentaire par Joe Pesci — décembre 3, 2007 @ 9:48