Legolasda’s Weblog

janvier 8, 2008

TOP 20 Cinéma 2007

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 10:24

Le voici, le voilà, vous l’attendiez tous, les 20 meilleurs films de l’année selon votre ambassadeur du bon gout…
20 – Bug

Le surprenant récit metaphorique d’un beau réalisateur, William Friedkin, qui imagine l’amour comme une fuite vers l’avant dans la folie, et la conscience comme paranoïa. On ne parle pas assez de ce film, on l’a trop vite oublié et c’est dommage.

19 – L’Homme sans Age

Coppola fait défiler sous nos yeux le fil d’une vie fictive et fascinante, faite d’obsessions scientifiques, de schizophrenies et de metaphores sur l’Art et le Savoir. Son sens du baroque et son gout pour l’experimentation font des merveilles.

18 – Supergrave

Produit par Judd Appatow (élu homme de l’année en ce qui me concerne), Supergrave évoque Freaks and Geeks le petit bijou de série du même créateur. Le film atteint des sommets de comique et de drolerie, et sait décrire l’adolescence avec tout ce que ça comporte de tendresse et de marginalité. Ecrit par Seth Rogen, impayable en flic abruti, Supergrave est une merveille

17 – Les Rois du Patin

Une petite merveille d’humour Frat Pack remplie d’acteurs à la puissance comique veritigineuse (Will Arnett epouse-moi). C’est aussi un merveilleux petit traité sur l’amitié. Et rempli de gags alliant majestueusement la grace et le burlesque, les deux fondements de la drolerie cinematographique ne l’oublions pas.

16 – Le Royaume

Bien que trop didactique dans sa conclusion, Peter Berg integre le cinéma d’action de son maitre de producteur, Michael Mann, ainsi qu’une certaine esthetique du réalisme heritée du meilleur de la serie televisuelle americaine contemporaine. Un point de vue interessant sur le role de l’Amerique dans les relations internationales. Le prototype du nouveau cinéma d’action de grande consommation. Passionnant.

15 – La Nuit nous Appartient

Le film le plus irréprochable de l’année. Une perfection scénaristique, un bijou de mise en scène. Une intrigue universelle qui emprunte aux plus grands mythes de notre culture occidentale. James Gray prouve que les histoires les plus simples sont souvent les meilleures. La figure du père et son alienation s’imposent comme thèmes intemporels et indemodables.

14 – Zodiac

David Fincher filtre sa mise en scène jusqu’a n’en garder que le sel et la profondeur. Le film de la maturité, comme on dit. Terrorisant, tétanisant, le film évoque ces thrillers typiquement 70’s (style Hommes du President), sont les noeuds de boudin qui constituent les fins illustrent parfaitement les frustrations d’une société qui n’en finit pas de créer de nouveaux problèmes et d’oublier les précedents.

13 – Hairspray

La comédie musicale de l’année. Rares sont les films dans lesquels les acteurs s’eclatent autant que le spectateur. Du John Water light certes, mais un punch et un swing qui se ressentent dans la BO que je me passe en boucle.

12 – Boulevard de la Mort

Pour inaugurer ce très douloureux top 10 (enfanté dans la souffrance), la dernière petite merveille post-moderne du maitre Tarantino. Tout l’intéret du film réside dans cette prétendue etiquette “film mineur”. Cette appellation vaut à Tarantino des envolées verbales d’une splendeur drolatique, et une liberté qui fait plaisir à voir. Mentionnons aussi une belle idée : la scission en deux parties. En moins de deux heures, on assiste à un defilé des grandes figures tarantinesques. Tout ça se parodie, se destructure, crée un sens nouveau. Mais c’est toujours aussi jubilatoire. Une merveilleuse vision de la feminité et du feminisme.

11 – Harry Potter et l’Ordre du Phoenix

Quand un HP sort, il est toujours dans mon top de l’année. Yates a fait un boulot remarquable, sa demarche de politisation de l’univers se greffe parfaitement à l’ensemble, et apporte beaucoup à la saga. C’est Orwell et la Seconde Guerre Mondial qui s’incrustent chez les sorciers et la richesse du monde de Rowling n’en finit pas d’émerveiller, tant il est capable d’accueillir tellement de visions et de points de vue différents sans s’en retrouver dénaturé.

10 – Spider-man 3

Le film malade de la saga. Touchant et fascinant, dans ses excès, ses petits défauts. Si le deuxième opus brillait par sa régularité, son équilibre et ses légères touches subversives, Raimi orchestre ici une pièce de maitre, gourmande, presque etouffe chretien. Les paraboles mythologiques se succèdent avec brio (la scène de l’Eglise figure parmi les toutes meilleures scènes de l’année), et les sous-intrigues trouvent à toutes une conclusion satisfaisante et touchante. Du grand Entertainement. Du grand Art tout court.

9 – Pirates des Caraïbes 3

Session Blockbuster donc. Vous connaissez ma vision des choses, surtout concernant ce film. Je ne ferai que mettre en avant les qualités scenaristiques, l’ampleur épique, le foisonnement myhtologique, l’humour subversif, et la conclusion culottée des aventures de Jack Sparrow.

8 – Halloween

Trop souvent oublié dans les tops de fin d’année, la relecture du classique de Carpenter par Rob Zombie est une pure merveille. Une adaptation intelligente d’un classique par un veritable auteur à l’univers fort et referencé.

7 – Ratatouille

Pixar est à son sommet dans cet hommage aux Disney les plus melancoliques et iconoclastes (La Belle et le Clochard, les Aristochats). Paradoxalement, Ratatouille est surement le film le plus subversif du studio, traitant non seulement de la différence, de l’Art mais aussi de problèmes aussi epineux que le travail clandestin. Ca a la subtilité et la saveur des grandes comedies americaines de l’Age d’Or, ça sent le Wilder et le Lubitsch à plein nez. C’est le pur régal cinématographique de l’année.

6 – Steak

Etonnant n’est ce pas? Pourtant le film de Quentin Dupieux est surement ce qu’on a vu de plus stylé, original et iconoclaste dans le cinéma français depuis des années. Ca fait penser à Blier mais ça se passe aux Etats-Unis. Ca fait penser à Orange Mecanique mais c’est beaucoup plus absurde. C’est inclassable et on y decouvre que l’humour d’Eric et Ramzy peut etre beaucoup plus profond qu’il n’y parait. Une experience fascinante et hypnotisante, tout ce que 99F n’est pas en somme. Le chef-d’oeuvre absolu du genre qu’il vient de créer.

5 – INLAND EMPIRE

2007, c’était l’année des presidentielles, de la fin de notre Liberté, mais aussi, à une echelle plus personnelle, l’année de ma révélation à David Lynch. J’ai passé le dégout que m’inspirait son cinéma suintant et experimental, pour prendre pleinement la mesure de sa puissance d’évocation, de sa grande capacité d’auteur, de sa condition de cinéaste le plus effrayant de l’histoire du 7eme Art. INLAND EMPIRE (avec les majuscules s’il vous plait) c’est le chant du cygne du cinéma, le film d’horreur absolu, le plus belle oeuvre DV jamais realisée, et le paroxysme du cinéma, de ce qui fait de lui l’Art Supreme. Les ruptures de ton, l’intelligence du trucage et la capacité à nous faire rentrer dans un réel cinématographique autre font de INLAND EMPIRE une oeuvre majeure.

4 – La France

Serge Bozon est un réalisateur à suivre. Se détachant de la mouvance disons “cahier du cinéma-Femis”, La France a de l’originalité à revendre et a cette démarche pas si courante dans l’hexagone visant à détourner les codes de notre Histoire et de notre Culture pour faire émerger une réalité et un point de vue autre. Les poilus chantent de la pop anglaise à visée européenne et fuient cette France qu’ils aiment mais qui les recrache. Se réclamant du cinéma d’Aventure Hawksien, Bozon filme avec amour des paysages typiquement gaulois et a retenu de l’Age d’or Hollywoodien cette capacité à inscrire le groupe dans le paysage et les individualités dans le groupe.

3 – En Cloque, Mode d’Emploi

La comédie de l’année, pour suivre l’adage publicitaire. Appatow c’est Capra couplé aux Freres Farrelly, Wilder associé à Nick Hornby. De son cinéma se dégage un sentiment d’amour, de drolerie, de tendresse et de felicité que l’on ne retrouve que dans les meilleures oeuvres des glorieux noms precités. Des comedies longues, brillantes et divertissantes. Comment peut-on faire l’erreur d’en demander plus?

2 – I’m Not There

Je me suis suffisament répandu sur ma passion pour Dylan et ce film qui tente et réussit à décrire la complexité d’un artiste, d’une personnalité, d’une époque à travers un génie de l’Art du XXeme siècle. Au-delà de toutes ses autres qualités, une merveilleuse lettre d’amour à la passionnante difficulté à comprendre l’être.

1 – La Graine et le Mulet

Je n’en ai pas encore parlé, mais mon petit doigt m’avait bien dit que ce serait énorme. Il s’agit de ce genre de films, qui arrivent très rarement (le dernier c’était Rois et Reine de Desplechin en 2004), mais qui quand ils sont là vous rendent fiers d’habiter la France. Et croyez-moi me rendre fier d’y habiter, vu mon passif, et la période que nous sommes en train de traverser, c’est pas une mince affaire. Kechiche, c’est tout simplement le meilleur réalisateur français actuel. Tout dans son cinéma transpire l’equilibre. Un film d’une simplicité si bouleversante, qu’il en devient incroyable. Chaque scène est dense, chaque seconde transpire le réalisme et le romanesque. Un cinéma qui ne renie pas ses origines, emprunte au néo-réalisme (la mobilette, remake du Voleur de Bicyclette), au cinéma des années 30 (l’Utopie made in La Belle Equipe) et a la construction d’un authentique blockbuster : l’etouffante construction en spirale, le suspense à couper le souffle, l’importance du destin, du hasard, et cette sensualité, cet erotisme de tous les instants. A voir en boucle, jusqu’à la fin de sa vie.

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