Legolasda’s Weblog

février 10, 2008

Retour en critiques

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 11:27
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A la demande générale, je sors de mon trou et continue mon activité critique… Nous sommes le 10 fevrier et ce début d’année fut d’un point de vue cinématographique incroyable. Janvier et fevrier sont traditionnellement une période de vache maigre propice aux mauvais films à oscars (les bons bénéficiant généralement de sorties mondiales à la fin de l’année précedente) et aux blockbusters français… 2008 sera l’exception qui confirme la règle, je suppute, car si nous avons eu droit à notre TRES MAUVAISE grosse production nationale, les films à oscars, eux, sont sublimes. Venons- en au coeur du sujet.

Sweeney Todd - Tim Burton

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Rien de plus agaçant que la sortie d’une comédie musicale quand vous êtes vous-même fan de comédie musicale. Je parle d’experience car j’en suis un, et je découvre à chaque fois que le public dans sa généralité n’est pas vraiment prompt à apprécier le potentiel lyrique et esthetique du genre. Le dernier Burton, et c’est ce qui le sauve je le suppose au regard de l’audience populaire, n’est pas véritablement une comédie musicale. La partition que reprend le film relève plus de l’opéra. Les dialogues et les morceaux s’entremelent avec grace et fluidité. Et le ridicule ne prend absolument JAMAIS le pas sur la beauté inhérente au genre.

Ce qui est cool avec Burton, c’est qu’il a un petit coté insaisissable. Il a des élèments redondants bien sur, et c’est pour cela qu’il est le réalisateur le plus analysé et acclamé par les jeunes générations (Trois bons quarts des dossiers d’étudiants en cinéma doivent lui être consacrés…). Le mythe du démoniaque barbier de Fleet Street, fondateur parait-il dans son univers, lui permet ici d’approfondir encore sa fascination pour le gothique et l’architecture victorienne. Il suffit de revoir Sleepy Hollow pour s’en convaincre. Mais à chaque film, et c’est ce qui rend la seconde partie de sa carrière plus intéressante que la première, Burton affute des propos audacieux et anti conventionnels bien plus profonds et intéressants que les habituels représentations narcissiques de l’adolescence et de l’imaginaire en oeuvre dans les Edward et autres Beetlejuice. Après, le film d’adieu à son père (Big Fish) et le propos chelou sur l’éducation (Charlie et la Chocolaterie), Burton met en scène un gros budget couillu, jouissif et sanglant, qui élude totalement les questions de bien et de mal, se contentant de placer au centre de son récit un personnage meurtri, misanthrope et assoiffé de vengeance, protagoniste d’une bouleversante tragédie.

Les chansons sont dans toutes les têtes (“I feeel you Johaaannaa…” “Pretty Women”), Depp est nommé aux Oscars pour un véritable bijou dans lequel Burton laisse tomber l’imagerie pure pour une épure radicale de son art (un salon de barbier comme décor principal). La preuve manifeste et définitive d’un grand auteur de son temps qui, contrairement à ce que beaucoup disent, s’est révélé plus intéressant et talentueux dans les années 2000 que dans les années 90.

Reviens-moi – Joe Wright

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Malgré toutes les ostentatoires dérives et emportées lyriques que vous pourrez lire dans les critiques suivantes, Reviens-moi est mon véritable coup de coeur de ce début d’année. C’est franchement un type de cinéma qui me plait et que j’aimerais voir plus souvent. Vous savez à quel point je suis un grand sentimental, à quel point les mélos me déchirent le coeur et à quel point les belles histoires d’amour, quand elles sont racontées avec talent, me touchent et me bouleversent. Je suis une vraie grand-mère, même si je n’en suis pas encore jusqu’à en lire Nous Deux ou à regarder M6 le dimanche après-midi.

SPOILER

J’avais déjà apprecié l’adaptation par Wright d’Orgueils et Prejugés avec la même Keira Knightley. J’y trouvais là un parfait exemple de cinéma bavard et rayonnant, comme moi et mon ami Joe Pesci les affectionnons tant (pour Joe ce sera plutot le coté bavard que rayonnant, je le concède). Wright est un spécialiste des envolées lyriques. Tant que peu de questions se posent sur sa sexualité et que je ferais bien peut-être de me poser des questions sur la mienne… (lol).

L’histoire est adaptée d’un livre de Ian McEwan nommé Expiation (une nouvelle occasion de s’interroger sur la logique des traducteurs, étant donné que le titre original du film est Atonement, et qu’on a jugé bon de traduire en français par “reviens-moi”, qui est une phrase prononcée, certes, à quelques reprises par Keira dans le film, mais bon…). Ca commence dans l’Angleterre bourgeoise des années 30, ou la belle demoiselle de la maison tombe amoureuse du jardinier interprété par James McAvoy. La cadette de la famille, personnage au centre du récit, et interpretée par trois différentes actrices selon les époques, invente un bobard pas possible pour les séparer, et envoie McAvoy en prison. Entre temps, la mise en scène de l’éclosion des sentiments, la sensualité se dégageant du corps Knightley, la subtilité de l’actrice Knightley, et l’ambiance feutrée et sublime de la scène de la bibliothèque achèvent de faire de Reviens Moi une merveille pour les yeux et pour le coeur et surtout de poser le film sur des bases solides. Car des trois temporalités explorées par le film, ce sera cette première que l’on retiendra au final, merveilleuse de langueur et de tendresse. Un grand film nostalgique.

Par la suite, on fera une incursion dans le film de guerre. Aucun coup de feu n’est tiré, mais c’est tout comme. Grande démarche propre au mélodrame, de montrer les tourments de la guerre, non d’un point de vue politique, mais comme incarnation de l’injustice du monde et du destin en furie, qui, de concours, s’acharnent à séparer les amants maudits. Le plan-séquence de Dunkerke, qui ne dépasse jamais véritablement la démonstration technique, devrait être étudiée dans les écoles de cinéma. Bercé par une bande originale majestueuse de Dario Marianelli (on croise les doigts pour les oscars), le tout emporte le coeur et me rappelle personnellement les plus belles envolées de Jackson pour le Seigneur des Anneaux (au risque d’être ridicule).

Le dernier segment, le plus cours, est l’occasion d’une première incursion au sein de la brève mais déjà très prometteuse filmographique de Wright, dans l’ère contemporaine. Vanessa Redgrave il joue la cadette au centre du récit, devenue ecrivain, et expliquant la génèse de son dernier livre (dans tous les sens du terme), contant l’histoire de son erreur et du destin des amants maudits. Elle utilise l’Art comme un défouloir, fantasmant aux personnages des deux amants, quelques jours de roucoulades, qu’ils n’auront jamais connu.

Moi j’ai pleuré. Et j’aime bien pleurer au cinéma. Après bon… C’est vrai, je suis amoureux de Keira. Son accent bitish est véritablement craquant. Mais je ne vois pas ce film avec les yeux de l’amour (sinon je dirais que Joue La Comme Beckham est une splendeur de comique de situation, ce qui n’est pas le cas…), je préfère penser que c’est là, véritablement, un cinéma de l’émotion, et de la pureté, exploitant ce qu’il y’a de meilleur dans le patrimoine de l’immortelle Albion, contrée décidément fascinante à mes yeux.

Asterix aux Jeux Olympiques de Thomas Langmann et Frederic Forestier

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Selon certains, une liste peut être plus éloquente qu’un long discours. Je vais donc ici faire la liste des bonnes blagues du film. En sachant que je n’ai vu le film qu’une fois, et que Joe et moi n’avons pas eu beaucoup de problèmes pour nous en souvenir. Et que nous sommes indulgents…

- Le bide de Brutus quand son régiment derrière lui est censé rire à toutes ses blagues.

- “Ouais si j’etais toi je le ferais ecarteler”

- Le running gag des armures avec Alexandre Astier dans le stade

- Une réplique de Seimoun “Sacrilège! On a volé les coléoptères”

- Jamel qui dit à Cornillac “T’es plus beau qu’avant…”

- Jamel et Zidane

- Hors diégèse : quand Langmann dit dans certaines interviews que son film est respectueux de la BD.

Précisons aussi, que le rire a pu a plusieurs reprises être nerveux… En tout cas merci à Langmann et Forestier de m’avoir prouvé que Poolvoerde pouvait ne pas être drole.

Into the Wild de Sean Penn

Je passe vite fait sur le succès surprise de début d’année. J’ai beaucoup de respect et d’amour pour Sean Penn, mais est-ce un sacrilège de dire qu’il ne me fait pas spécialement bander en tant que metteur en scène? Il nous présente ici un bon film, sans plus, un poil trop démonstratif et longuet. Je ne comprends pas l’engouement de beaucoup de personnes pour ce honnête petit morceau. Peut-être parce que Emile Hirsch est mignon? Le seul segment qui sort du lot, c’est le quart d’heure avec le vieux monsieur interprété par Hal Holbrook. Très émouvant… Sinon, Vince Vaughn est choco. Et c’est tout? Oui c’est tout…

Live ! de Bill Guttentag

Mauvais faux documentaire (pleonasme?). Eva Mendes produit et joue très bien, certes. Mais le tout fait très toc et tombe dans le piège : il cède au même racolage et au même suspense malsain que les émissions qu’il tente de dénoncer.

Juno de Ivan Reitman

Le nouveau Little Miss Sunshine est… aussi bien que Little Miss Sunshine. C’est à dire mignon… Bien interprété. Dialogué avec drolerie. Mais on ne peut que s’empecher de s’agacer devant ce cinéma indépendant américain très mainstream au fond, qui se contente de rabacher une morale sur le fond assez convenue, avec des dehors de petite révolution pop. Le tout enrobé de personnages artificiellement originaux et de gros mots juste là pour faire joli. N’est-ce pas un peu cynique?

Cela dit… Michael Cera est un genie…

La Guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols

Un film qui fait du bien. Dialogué et écrit à la perfection par le génie du petit écran Aaron Sorkin (Studio 60 et A la Maison Blanche, c’est lui!), Nichols nous propose du vrai film politique, drole et pertinent. Une vraie démarche d’historien, visant à montrer les préludes, dans toute sa complexité, plutot que de céder à la représentation d’une actualité forcèment subjective et cadrée par l’urgence. Seymour Hoffman c’est une splendeur faite acteur. On peut franchement s’extasier devant le brio avec lequel il mène sa carrière. Hanks et Roberts sont sympas. Du bon cinéma, avec des dialogues stylés et des acteurs chocos. Ancré dans le réel, tout en visant à la pédagogie et au divertissement, au fond que demander de plus?

Deux critiques dantesques (celles du coen et de Cloverfield) pointent le bout de leur nez, alors restez aux aguets…

9 commentaires »

  1. Pas d’accord sur Burton
    Rien ne vaut Ed Wood, désolé…

    Commentaire par Damien — février 11, 2008 @ 12:59

  2. Ah, moi qui suis fan de ce blog que j’ose caractériser comme meilleur site internet depuis l’invention du site internet, je dois avouer être impatient de lire la critique sur No Country for old men, et j’aimerais également nuancer le propos légèrement catégorique et érroné de l’auteur : Into the wild est un très bon film, légèrement brouillon, mais qui s’inscrit parfaitement dans un courant plus littéraire que cinématographique (Thoreau, London, Hesse), dans lequel Sean Penn (qui est définitivement une personbnalité fascinante) soulève des questions socio-philiosophiques plus que pertinentes puisque lui-même ne sombre à aucun moment dans le petit film rousseausite qui nous dirait que la Nature c’est mieux que la société et que la solitude et la communion avec la nature peut apporter beaucoup plus de satisfaction que la vie en société. Non, Sean Penn est une personne intelligente et justement le film évite toute forme de démonstation bateau (quoi qu’en dise l’auteur, qui est quand même fan de Cameron Crowe) et de morale facile. A noter en outre un casting d’enfer et une performance grandiose d’Emile Hirsch (bah oui, tout acteur qui perd un certain nombre de kilos pour un rôle ; cette performance sera forcément géniale. Pour s’en convaincre, André Dussolier dans Cortex) et une bande originale écoutable bien qu’un peu trop “ciné indé”.

    Voilà, sinon l’auteur a oublié de mentionner Smiley Face, une petit bijou comique, “stoner movie” sans prétention qui utilise à merveille l’humour potache de ce genre de film tout en réussissant à parsemer le récit de scènes poétiques très touchantes. Anna Faris est remarquable, et pourrait devenir la Jim Carrey féminine tant ses grimaces sont drôles. C’est donc bien crai quel début d’année cinématographique.

    Commentaire par Joe Pesci — février 11, 2008 @ 3:12

  3. ET DIEU DANS SA GRANDE CLEMENCE INVENTA L ALCOOL POUR QUE LES MOCHES AUSSI PUISSENT BAISER

    Commentaire par therese — février 14, 2008 @ 11:14

  4. j’ai rencontré Isocele. Il a une idée pour un nouveau triangle.

    Commentaire par therese — février 14, 2008 @ 11:20

  5. Vous vous faites analyser ?
    - Oh, depuis quinze ans seulement. Encore un an, et après j’essaie Lourdes.

    Commentaire par therese — février 14, 2008 @ 11:20

  6. La dernière réplique sort tout droit de Annie Hall, oscar du meilleur film en 1977, que j’ai eu la chance de voir grâce à l’auteur qui m’a gentiment prêté le dvd.

    Commentaire par Joe Pesci — février 15, 2008 @ 10:51

  7. bravo, non vraiment, bravo.

    ???l’auteur d’Annie Hall t’a preté le dvd??????

    On n’a jamais vu un aveugle dans un camp de nudistes.

    Commentaire par therese — février 15, 2008 @ 1:03

  8. Quand vous êtes mort et que quelqu’un crie “Debout là-dedans, c’est l’heure de se lever”, c’est difficile d’enfiler ses pantoufles.

    Commentaire par therese — février 20, 2008 @ 12:01

  9. S’il vous plaît monsieur, il faudrait écrire des critiques un peu, ça serait bien. Merde il est 23.

    Commentaire par Joe Pesci — mars 4, 2008 @ 11:24


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