Legolasda’s Weblog

mai 25, 2008

Indiana Jones et le Royaume du Crane de Crystal

Classé dans : Uncategorized — legolasda @ 1:09
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Comment faire une critique objective du nouvel Indiana Jones. Je vais fuir un tel questionnement en repondant que c’est tout bonnement impossible. En tout cas, pour quelqu’un de ma génération. La génération de la VHS. J’ai encore les souvenirs enivrants des dimanche après-midi enfermés dans ma chambre à me refaire les trilogies Indy ou Star Wars. C’était un age béni. Une époque ou la solitude ne rimait pas forcèment avec mauvaise conscience, une époque ou la masturbation ou les soucis inhérents, selon Sarkozy, à la jeunesse n’avaient pas encore entachés ma délicate innocente d’enfant de province.

Aller voir le nouvel Indiana Jones, ça dépasse les questions de fanitudes, de geeks, de nerds ou je ne sais quelle qualificatif post-historique. C’est une définition totale de l’experience cinématographique. La plongée dans un monde à la fois rassurant et terrifiant, qui sait aussi bien décrire avec talent l’époque dans laquelle il se trouve, tout en s’en détachant mouvé par une démarche de scénariste d’illustré pour la jeunesse. C’est Tintin qu’on retrouve, capable d’affronter complots sectaires, intrigues esotériques, légendes millénaires, complexes oedipiens et mechants vraiment très méchants sans jamais vendre un sou de son intégrité.

Quand j’y repense c’est en regardant les Indiana Jones que j’ai apprit à me gausser à l’écoute d’une bonne punchline, à savoir maitriser cet art difficile qui est de pouvoir prendre au second degré des intrigues tarabiscotées tout en leur accordant tout le sérieux que mérite un long-métrage de divertissement. J’ai apprit aussi à apprécier les bonnes scènes d’action et de poursuite (La Dernière Croisade est typiquement jouissif sur ce plan-là car il s’agit tout bonnement d’un catalogue de toutes les poursuites possibles et imaginables dans un film : chevaux, voitures, side-cars, tanks, zeppelins, avions, etc).

Trouver au nouvel Indiana Jones des carences scénaristiques ou des problèmes de rythme est tout bonnement impossible si on regarde le film avec son regard d’enfant et si on sait se détacher un tant soit peu de la déception qu’on ressent forcement un peu durant le visionnage d’un film qu’on a si longtemps attendu. Et puis, on a toujours cette impression de film millénaire, qui traversera les ages sans problème et qui saura si bien témoigner de ce drole de loisir qu’était le cinéma aux XXe et XXIe siècles.

Pour ce qui concerne plus précisément le Indy cru 2008, je suis eberlué devant le talent de Spielberg à retranscrire l’atmosphère des Fifties tout en restant léger. L’université, les motards à la James Dean, Elvis Presley, les communistes, Eisenhower, etc. La grande réussite du film, c’est de parvenir à rester dans la lignée des précédents, comme si Spielberg nous faisait juste un autre Indiana Jones de plus. Ni une renaissance, ni un adieu aux armes. Juste un film. C’est ce qu’il y’a peut-être de plus émouvant dans sa démarche.

En grand fan de mystères et de mythes contemporains, la Zone 51, le Nevada evidemment ça me parle, et si j’avais du faire un top 5 des trucs, n’importe lesquels, auxquels j’aurais aimé que Indy fut confronté, toute cette thématique aurait surement été en tête de liste.

Un seul regret, au final : J’aurais peut-être du aller le voir en VF? Après tout, j’ai vu tous les Indiana Jones en version doublée dans mon enfance. La Madeleine de Proust n’en aurait peut-être été que plus savoureuse…

mai 18, 2008

Cahier Critique Permanent j’saispluscombien

Classé dans : Uncategorized — legolasda @ 11:30

Critiques diverses, j’ai vu tellement de merdes ces temps-ci que je vais pas tout énumerer non plus, ce serait une vulgaire perte de temps.

Journal d’une Baby-Sitter

Mauvais film indépendant américain comme d’hab’. Les idées sont gachées sur l’autel d’une fausse naïveté idiote et cynique. L’héroïne soi-disant adepte d’anthropologie se plonge dans une analyse scientifique de la faune de l’Upper East Side. Un épisode de Gossip Girl est plus efficace. Laura Linney et Scarlett sont au poil mais bien sur, ça ne suffit pas. Aucun rythme. Au point de faire passer un film de Michael Mann pour un court-métrage.

Cleaner

Decadence d’un excellent Yes-Man Hollywoodien des années 90, Renny Harlin. Viser trop cher et trop haut, ça a malheureusement un prix pour l’industrie cinématographique ; la preuve le réalisateur de Die Hard 2 et de l’Ile aux Pirates se retrouve ici à mettre en scène le mètre-étalon du scénario post-film noir médiocre, avec pseudo femme fatale bouleversée (Eva Mendes, toujours cool) et Meilleur Ami en fait Gros Mechant (l’excellent Ed Harris qui a du mal a diversifier ses roles) à la clef. Si on rajoute à ça un Samuel L. Jackson en mode automatique et un drame famillial on ne peut plus inintéressant, la coupe est pleine.

Le Grand Alibi

On résume : Rigolo, beau casting, Murino bandante.

Jackpot

Bonne comédie hors-Frat Pack. Relativement jouissif, le mélange comédie potache-romantique prend bien, et on se régale du potentiel comique de Kutcher enfin exploité. Imparfait mais agréable.

Semi-Pro

Le Nouveau Will Ferrel est excellent. On se délecte de la facilité du Frat-Pack à nous trousser de bons scénarios en toute simplicité. Une créativité de tous les instants. Une émotion toujours sincère et jamais cu-cul. On explore toutes les nuances de la gamme comique, du vulgaire au subtil en passant par l’absurde. On exploite tout, jusqu’à la moelle, pour nous faire rire. On ne fait jamais tomber franchement dans le ridicule ses personnages, et ça c’est très important. Cet equilibre permanent entre le franchement pathetique et le délicieusement génial. Il y’a une façon de traiter les losers au cinéma, et les américains savent le faire. Sans jamais tomber dans la condescendance ou la facilité.

Scènes cultes : la partie de poker, une véritable leçon de dynamique comique. Mettez un flingue chargé à l’ecran et regardez ce qu’il en resulte, un délicieux melange de tension, de nervosité et d’absurde.

Tous les delires too much de Will Ferrel. La réunion entre les patrons d’equipe d’ABA dans la première partie du film tient du génie. L’acteur passe de la franche joie, à la tristesse la plus pure, tout en restant dans l’outrance et l’hystérie.

Pourquoi ne sommes nous jamais déçus par le Frat-Pack? Parce qu’ils savent soigner leurs films d’abord. La photo, la mise en scène, le rythme, tout est toujours excellent, simple, parfaitement en adéquation avec le propos. Les acteurs sont géniaux, attachants, on prend toujours plaisir à apercevoir dans un coin de l’ecran tel second couteau ayant servi différement dans un film précedent de la fratrie. Et surtout une générosité de l’humour dans son sens le plus large.

Iron Man

Excellent Blockbuster. On croyait à un nouveau ratage à la Daredevil. On se retrouve avec un vrai film de fan boy.

Iron Man n’atteint evidemment pas (encore?) les monuments de cinéma mainstream de Raimi, Burton ou Nolan. La  prétention auteuriste en moins, on se rapproche plus des metrages de Bryan Singer, faiseur honnete mais sans génie.

Favreau réalise ici son rève de fan, un blockbuster couteux mais simple comme bonjour, efficace dans sa dénonciation en règle de l’industrie des armes, brillant dans son casting à l’encontre des exigences hollywoodiennes, et même inspiré dans sa mise en scène, sans jamais céder à l’ostentation.

La séquence d’ouverture jusqu’à l’inscription du titre en est l’excellente illustration ; une bonne scène de guerilla nerveuse suivi d’un superbe plan, suintant et terrifiant, de vidéo terroriste. Le reste du film est au diapason. Le style visuel est fort (ordinateurs, hologrammes…) et le film insiste tout particulièrement sur l’aspect technologique, mecanique mettant en valeur avec brio les qualités d’ingénieur de son protagoniste. Fascinante scènes que celle où Downey Jr. met au point des inventions d’une merveilleuse sophistication.

Autre point fort du film ; l’humour qui échappe à l’artificialité qui est souvent l’apanage des gags de blockbusters trop markétés.

Comme tout premier volent, on est un peu avare en scènes d’action, privilégiant (et à juste titre) l’introduction, la génèse du héros. Si Bridges et Downey Jr. confinent au génie, Paltrow et Howard sont malheureusement sous-exploités (Note : commencer à s’interroger sur le charisme de ce dernier…). Mais le vrai défaut du film, c’est la musique qui, avec ses affreux riffs de guitare pompiers, n’est même pas digne d’un Fast and Furious en direct-to-video.

Suffit juste maintenant à Favreau de prendre un peu plus conscience de l’ampleur du machin et de nous pondre une suite intelligente, furieuse, épique et bouleversante… On lui fait confiance.

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