Comment faire une critique objective du nouvel Indiana Jones. Je vais fuir un tel questionnement en repondant que c’est tout bonnement impossible. En tout cas, pour quelqu’un de ma génération. La génération de la VHS. J’ai encore les souvenirs enivrants des dimanche après-midi enfermés dans ma chambre à me refaire les trilogies Indy ou Star Wars. C’était un age béni. Une époque ou la solitude ne rimait pas forcèment avec mauvaise conscience, une époque ou la masturbation ou les soucis inhérents, selon Sarkozy, à la jeunesse n’avaient pas encore entachés ma délicate innocente d’enfant de province.
Aller voir le nouvel Indiana Jones, ça dépasse les questions de fanitudes, de geeks, de nerds ou je ne sais quelle qualificatif post-historique. C’est une définition totale de l’experience cinématographique. La plongée dans un monde à la fois rassurant et terrifiant, qui sait aussi bien décrire avec talent l’époque dans laquelle il se trouve, tout en s’en détachant mouvé par une démarche de scénariste d’illustré pour la jeunesse. C’est Tintin qu’on retrouve, capable d’affronter complots sectaires, intrigues esotériques, légendes millénaires, complexes oedipiens et mechants vraiment très méchants sans jamais vendre un sou de son intégrité.
Quand j’y repense c’est en regardant les Indiana Jones que j’ai apprit à me gausser à l’écoute d’une bonne punchline, à savoir maitriser cet art difficile qui est de pouvoir prendre au second degré des intrigues tarabiscotées tout en leur accordant tout le sérieux que mérite un long-métrage de divertissement. J’ai apprit aussi à apprécier les bonnes scènes d’action et de poursuite (La Dernière Croisade est typiquement jouissif sur ce plan-là car il s’agit tout bonnement d’un catalogue de toutes les poursuites possibles et imaginables dans un film : chevaux, voitures, side-cars, tanks, zeppelins, avions, etc).
Trouver au nouvel Indiana Jones des carences scénaristiques ou des problèmes de rythme est tout bonnement impossible si on regarde le film avec son regard d’enfant et si on sait se détacher un tant soit peu de la déception qu’on ressent forcement un peu durant le visionnage d’un film qu’on a si longtemps attendu. Et puis, on a toujours cette impression de film millénaire, qui traversera les ages sans problème et qui saura si bien témoigner de ce drole de loisir qu’était le cinéma aux XXe et XXIe siècles.
Pour ce qui concerne plus précisément le Indy cru 2008, je suis eberlué devant le talent de Spielberg à retranscrire l’atmosphère des Fifties tout en restant léger. L’université, les motards à la James Dean, Elvis Presley, les communistes, Eisenhower, etc. La grande réussite du film, c’est de parvenir à rester dans la lignée des précédents, comme si Spielberg nous faisait juste un autre Indiana Jones de plus. Ni une renaissance, ni un adieu aux armes. Juste un film. C’est ce qu’il y’a peut-être de plus émouvant dans sa démarche.
En grand fan de mystères et de mythes contemporains, la Zone 51, le Nevada evidemment ça me parle, et si j’avais du faire un top 5 des trucs, n’importe lesquels, auxquels j’aurais aimé que Indy fut confronté, toute cette thématique aurait surement été en tête de liste.
Un seul regret, au final : J’aurais peut-être du aller le voir en VF? Après tout, j’ai vu tous les Indiana Jones en version doublée dans mon enfance. La Madeleine de Proust n’en aurait peut-être été que plus savoureuse…
