Legolasda’s Weblog

juin 25, 2008

Cahier Critique machin truc

Classé dans : Uncategorized — legolasda @ 3:15

Eldorado de Bouli Lanners

Le cinéma belge offre régulièrement de bien belles surprises, et le second mouvement derrière la caméra du Wallon Bouli Lanners en est une assez flagrante illustration. On a ici affaire à un road movie aux accents fortement jarmuschiens, n’omettant jamais de faire la part belle aux paysages vastes et melancoliques du plat pays. Ce dernier est filmé comme dans un western, impression non démentie par la forte présence à l’ecran de voitures americaines de collection. Les voitures, Yvan en a fait son métier et a un peu de mal à joindre les deux bouts dans son affaire de refourgage d’americaines vintages. Un soir, il surprend un cambrioleur chez lui, tentera de le faire fuir, en vain. Ils se lieront d’ “amitié” (concept très vague pour ces deux ecorchés de la vie), et lui proposera de le raccompagner chez ses parents, habitant non loin de la frontière française.

“Je te préviens, je prends jamais l’autoroute” dit Yvan à Elie au début du film. La réplique sonne comme un manifeste de cinéma anti-mainstream fortement sympathique. Les situations cocasses et les dialogues absurdes s’enchainent, de façon presque normative. Si l’ennui ne s’installe jamais, l’originalité est toujours un peu absente. Jusqu’à l’arrivée à la maison familiale du jeune cambrioleur. Le film prend alors une tournure nettement plus nostalgique et émouvante. Un simple frôlement de la main ou le rempotage d’un jardinet incarnent blessures familiales et deuils inavoués avec une pudeur qui confine à la virtuosité. Le retour sur la route pour le dernier quart du film avalise ce constat, même si on peut choisir de trouver la métaphore du dobermann un peu lourdaude. Film simple sur la déception, les regrets, qui jouit d’un plaisir de faire du cinéma que peu de filmeurs français peuvent se targuer de posséder.

Phénomènes de M. Night Shyamalan

Un nouveau film de Shyamalan, c’est toujours l’occasion de faire un peu le point sur l’avancée de son cinéma. Doté d’une filmographie fascinante, à défaut d’être parfaite, la carrière internationale du bonhomme démarra sur les chapeaux de roue en 2000 avec le désormais légendaire, Sixième Sens, mètre-étalon d’un cinéma d’épouvante subtil et dénué d’effets (qui paradoxalement entraina une déferlante de films d’épouvantes pas très subtils et assez généreux en effets). L’opus allait aussi déterminer les codes de ce qui sera la cinéma de Shyamalan les années qui suivront. C’est-à-dire, la gérance d’un lourd héritage Hitchcocko-Spielbergien, et donc mise en scène au diapason, avec ce que ça entraine de plan-séquences micromillimétrés et de sessions quasi-mathématicales d’angoisse, et surtout, la marque de fabrique absolue, le Twist.

A l’époque, imaginer un film de Shyamalan, sans twist était pure fantaisie. On avait été tellement soufflé par le premier, qu’on en rendemandait. On voulait se faire berner. Les réactions s’enchainèrent face aux films suivants du génie en herbe. Incassable (“mouais”), Signes (“quoi?”) et surtout le Village (“ah d’accord, on me prend pour un con en fait…”). Si Shyamalan ne ratait pas totalement ses tentatives d’allier mainstream et contemplatif Bergmanien, on sentait bien une tension face à cette épée de Damoclès du retournement final, exercice casse-gueule par excellence.

Puis vint la Jeune Fille de l’Eau, exercice jubilatoire et auto-parodique, qui libéra le cinéaste de cette obsession malsaine, et le ramena au pur plaisir de filmer, de raconter des histoires. Exercice qui, avouons-le, sied vachement bien au bougre. Echec commercial mais renouveau de l’artiste. Classique.

Phénomènes est la pure resultance de cette attitude qui rafraichit et aère la mise en scène de Shyamalan. Ce dernier a, parait-il, expliqué à son équipe au début du tournage qu’il comptait réaliser un pur film de serie B. Les fortes bouffées de second degré ou les tentatives de distanciation assumées vont dans ce sens. Le metteur en scène s’amuse de ces dons pour créer des ambiances d’épouvantes, créant une tension impalpable autour d’une balançoire, par exemple. Sans jamais céder au cynisme ou à la condescendance. Il y’a ici un intéressant équilibre entre l’intelligence d’une mise en scène parfaitement maitrisée, un second degré assumé face au coté rocambolesque du scénario, aux codes de ce type de cinéma catastrophe, et un profond respect pour les personnages et leurs émotions. Si on a ici l’impression de voir un film de plus de Shyamalan, il faut voir ce constat comme étant une excellente chose. On avait tendance à considérer chaque nouvel opus de l’auteur comme un évènement, un film monde, qui n’avait rien à voir avec les précèdents, une pierre de plus à l’élaboration de son génie. Ici, on apprécie la mécanique de la naissance de la peur et les thèmes d’un cinéaste hanté par l’instabilité du socle familial, la spiritualité, la mort de Dieu et le Hasard. Une livraison qui gagne en simplicité et en efficacité. Un vrai film de serie B en somme. Comme tout ce que le bon cinéma hollywoodien produit depuis 30 ans, en somme.

juin 3, 2008

The Raconteurs – Many Shades of Black (Acoustic)

Classé dans : Uncategorized — legolasda @ 10:47

Cahier critique jsaispluscombienetjmenfous

Classé dans : Uncategorized — legolasda @ 8:55

Sex and the City

Je ne sais pas si tous ceux d’entre vous qui liront cette critique fréquentent le groupes LES NOTES DE CINEMA DE RAPHAEL, PIERRE ET ANTOINE (et j’espere bien illusoirement que mon lectorat ne se résume pas à mon entourage proche), mais il se trouve que j’ai étonnement mit 14,25 à l’adaptation cinématographique de la série HBO créée il y’a maintenant 10 ans par Darren Star.

Avant d’expliquer cette notation que certains d’entre vous, je les vois déjà venir, qualifieront sans scrupules ni connaissance de cause d’exagération, je vais commencer par énumérer les raisons qui m’ont conduits à aller voir ce hype métrage, suite à une nuit blanche à 9 heures du matin accompagné d’un mal de dents plutôt carabiné et avec deux red bulls dans la tronche. Déjà, c’est une série HBO, et je ne peux que soutenir n’importe quel effort cinématographique venant d’une firme qui risque de projeter sur grand écran des adaptations des Sopranos (très probable), The Wire (improbable), Six Feet Under (très improbable) ou Oz (impossible). Deuxième raison : j’ai de la sympathie pour ce feuilleton qui propose une relecture intéressante de la condition et de l’image de la femme à ce carrefour temporel déterminant que fut le passage fin 90’s – début 2000. Le féministe qui sommeille en moi apprécie des héroïnes aux antipodes de la victimisation galopante des efforts de la pathétique Bridget Jones de Helen Fielding. Je n’ai pas vraiment suivi la série. J’ai connaissance de détails éparses : la délicieuse nymphomanie de la doyenne Sam. Charlotte est une Wasp en constante découverte de ses possibilités sexuelles qui est devenue juive en épousant un chauve sympa qui a joué dans Californication. Miranda est rousse, avocate, à fond axée travail et a épousé un binoclard vachement sympa aussi. Et bien sur Carrie Bradshaw, narratrice de la série, rédactrice à succès, se délectant de la vie privée de ses Best Friends (qui, étonnement, ne lui reprochent jamais de dévoiler au plus grand nombre leurs névroses et les problèmes d’érection de leurs maris…) et qui joue constamment au chat et à la souris avec son amour de toujours, l’impassible et richissime, Mr. Big. Le tout sur fond de luxe, sexe et superficialité assumée.

Moi perso, pour être franc, ça me botte. Il ne m’en a pas fallu plus pour apprécier de suivre sur une année diégètique les pérégrinations des personnages. Ca ne me dérange pas de voir pendant deux heures et quinze minutes des femmes qui ont dépassées la quarantaine préparer des mariages, parler cul ou chialer parce que leurs mecs les a trompé. J’adore ça, je passe mon temps à regarder des comédies romantiques et je me délecte toujours des variantes supposément originales que les scenaristes peuvent nous dégoter pour faire passer la pilule de schéma scénaristiques toujours un peu similaires d’un film à l’autre.

L’avantage de Sex and the City c’est qu’on avance en terrain connu. Les personnages nous sont familiers, bon coté d’adapter une série encore récemment en activité, en plein dans l’air du temps, avec toujours la batterie de fans prêts à suivre les quatre protagonistes dans leurs péripéties, que ce soit sur petit ou grand écran. Ce qui permet aux scénaristes d’avancer avec beaucoup d’assurance sur la dangereuse pente du développement narratif filmique. Sex and the City bénéficie donc d’un terrain de jeu plus développé (et surtout une liberté de ton plus prononcée) que la moyenne des comédies romantiques hollywoodiennes et/ou new-yorkaises. Un imaginaire déjà formé, des habitues déjà prises, un public déjà acquis. On passe d’un personnage à l’autre sans problème, et en bon néophyte, on s’étonne de leur pouvoir d’émotion.

Donc, bien sur, on n’échappe pas à quelques défauts : ce retour permanent et assez maladroit de la voix off de Carrie, clairement inadaptée à ce récit au long cours. On a bien évidemment veillé à ne pas déstabiliser les fans de la série, en ayant pas tout à fait conscience que 2h15 c’est vraiment pas la même chose que 20 minutes. Et évidemment aussi, on a pas ici affaire à un film d’auteur. Les effets sont clinquants, la musique pop (très bonne d’ailleurs) appuie systématiquement les raccords et les violons montent quand il faut. Mais restent les gags (qui tombent juste), la liberté de ton (rafraîchissante), les névroses (attachantes), la tête de Charlotte (hilarante à chaque coup) et une si jolie illustration du thème de l’amitié, rarement bien rendue sur un écran, et c’est dommage. C’est un film au service de ces personnages, plein de tendresse (voire le final sur l’anniversaire de Sam, petit pied de nez sympathique à ce sujet tabou qu’est la vieillesse dans la société consumériste).

Pour faire rire Raphaël et pour conclure, je dirais que c’est un film pétillant comme une bulle de champagne. Pour qui aime les films longs, le glamour, les dialogues crus et rigolos, et pour qui aime la série bien sur, c’est le film idéal.

Un Conte de Noël

Pour ces mêmes personnes qui suivent l’avancée des notes sur le groupe Facebook sus-nommé, celui là vient récemment de remplacer le Reviens-moi de Wright au statut de meilleur film de l’année 2008. Je l’ai vu deux fois, et je crois qu’une troisième fois est envisageable. Cependant, ces deux visionnages me paraissent nécessaires et suffisantes pour tenter de délivrer mes impressions sur ce monstre, cette oeuvre dense, riche, généreuse et constamment inventive.

Il est un magazine que j’aime bien et pour qui j’ai de la sympathie, Brazil. Peu de personnes l’achètent je pense, il est assez connu pour ses dérives judiciaires contre Luc Besson et son talent à incarner une voix iconoclaste, un peu foutraque et cinéphile maniaque de la presse française. Ca va à l’encontre d’un peu tout ce qui représente l’institution cinématographique française (en vrac les Cahiers, les Inrocks, le trio Monde-Telerama-Libé, etc.), ça parle franchement, fustigeant le cinéma mou du gland, la masturbation intellectuelle, le blockbuster hollywoodien de base, j’en passe et des meilleures, et rien que pour tout ça, c’en est incroyablement sympathique (je suis souvent d’accord avec eux) et parfois pleins de critiques enthousiastes et intelligentes.

Cependant… Je ne peux que m’insurger (carrément) à la lecture du cahier spécial Cannes de monsieur Christophe Goffette qui a l’honneur de pouvoir descendre ce nouveau Desplechin au nom de tout le mépris que la rédaction de Brazil peut avoir à l’égard du cinéma dit “parisianiste”. Je vais citer un peu :

Ce serait mentir que de ne pas souligner chez le metteur en scène parisiano-parisianiste (passer au-delà du périphérique semble être une aventure pire qu’un trip amazonien à la Herzog, hormis quelques rares colonies, bien entendu, comme la croisette cannoise, vingt-et-unième arrondissement de la capitale) le déploiement d’un univers qui lui est propre. Mais que voyez- vous c’est physique !

(Le film se déroule très majoritairement à Roubaix qui ne ressemble pas vraiment, pour ce que j’en ai entendu dire, au sixième arrondissement…)

Trop maniéré, trop m’as-tu-vu ; trop de pas assez, à l’opposé. Pas assez d’âme, pas assez de coeur, pas assez de tripes !… En regardant les films de Desplechin, j’ai comme l’impression que ça pourrait m’occasionner quelques soucis d’érection, voyez-vous. Son cinéma est tout ramollo à l’extérieur et encore plus flagada à l’intérieur. De la guimauve qui ne veut pas en être. Un “camarade”, offusqué par mon anti-desplechénisme primaire, m’a tenu plus ou moins ce langage (…) : “mais non, vois-tu, Desplechin, c’est le miroir de la vie, par le prisme d’un néo-réalisme d’une transparence quasi-métaphysique”. D’abord, aïe, bobo la tête à la fin de la phrase. Ensuite, si Conte de Noël est le reflet de quelque chose, c’est celui de son metteur en scène qui aimerait bien savoir qui est le plus beau en ce miroir.

Vous admirerez le merveilleux procédé qui veut qu’on démonte un film par le biais d’un méprisable personnage qui a eu juste assez d’intelligence pour apprécier ce film. Précision : j’ai très longtemps eu, moi aussi, de forts à-prioris sur Desplechin. Le merveilleux Rois et Reine en 2004, a depuis le temps, vite fait de m’ouvrir les yeux sur l’intelligence, l’originalité et les couilles de Desplechin, osons le dire. Non pas que je sois contre la mauvaise foi, j’en use bien trop souvent, et plus qu’à mon tour. Cependant, il m’arrive de changer d’avis et j’ai le discernement nécessaire pour avoir la capacité de faire cette simple distinction : il y’a le cinéma prétentieux, mou, ramollo, fermé d’esprit, femisard, et il y’a Desplechin, qui s’en est remarquablement detaché il y’a longtemps.

C’est quoi cette façon de penser qui veut que dès qu’on fasse réference à Godard, dès qu’on tente de faire des monologues, des faux raccords, dès qu’on mette au point des scenariis approfondis, écrits, légèrement autobiographiques, on soit systématiquement taxé d’intellectuel hautain et parisianiste. Le défaut (si tenté que c’en soit un) qu’on peut reconnaitre à Desplechin c’est de piocher dans sa vie privée pour raconter des histoires. Bergman l’a outrageusement fait. Woody Allen n’a cessé de mettre constamment en scène ses névroses. Ces deux auteurs sont des réferences pour Desplechin. Il les cite avec brio. Il cite avec brio.

Si des “intellos coincés” aiment Desplechin, ils ont leurs raisons. Il y’a d’excellents intellos coincés. Il y’a des bobos très intelligents. Qu’ils aiment ce film ne me posent pas de problème. Ce qui m’énerve plus c’est qu’une autre frange du public aura sûrement des à prioris plus tenaces que j’en ai eu, et qu’ils seront privés de la folie de Desplechin, de son amour invétéré du cinéma et de ses potentialités filmiques. Ce que je vois dans un Conte de Noël est autrement plus fascinant et intéressant que les prismes déformants de ceux qui ne veulent en voir en Desplechin qu’un intello ronflant. J’ai bien conscience que par contraste avec la critique pré-citée, mes propos auront vite fait de passer pour étant naïfs ou trop enthousiastes aux yeux de certains cyniques. Mais bon, tant pis pour eux.

D’abord que voit-on quand on prête un minimum d’attention à un Conte de Noël d’Arnaud Desplechin? C’est d’abord un grand artiste dont l’ampleur de son cinéma peut aisément rivaliser avec celle d’un Pialat. Aisément. Ici, les jump cuts sont légion. Les faux raccords sont érigés en loi. Les montages parallèles mettent miraculeusement en valeurs des cassures de rythmes rafraîchissements, bienvenues, illustrant un panel d’influences à peine imaginable, variées, intelligentes. On passe avec fluidité d’un effeuillage à la Rohmer à un trip en train façon Bande à Part avec Jazz de cave de circonstance, en passant par une virée au Printemps Bergmanienne. On est constamment fasciné par un récit rempli de subtilités, de brisures familiales qui multiplie les embardées, les mises en abyme, les personnages follement romanesque. D’un coté c’est Noël, alors, on regarde les Dix Commandements avec Charlton Heston. On se bourre la gueule. On va à la messe de minuit. On mixe du hip-hop à la fête du quartier. C’est fourmillant, vivant, le “miroir de la vie”, pour citer le camarade.

Car la pierre angulaire du cinéma de Desplechin, avant toute considération philosophique supposée foireuse (comme tout ce qui est philosphique, en ces temps sarkozystes et nauséabonds), c’est cette volonté de mettre en scène n’importe quelle personnage comme un héros mythologique. C’est remettre la vie au centre. Ce que nous dit Desplechin, c’est de vivre nos vies comme si nous étions tous des Rois et des Reines.

Le film raconte grosso modo une réunion familiale à l’occasion des fêtes de fin d’année, fortement entachée par la maladie de la mère, Junon (Catherine Deneuve) et la haine inconditionnelle que porte en son coeur Elizabeth (Anne Consigny) pour son frère, le mouton noir, le bouffon shakespearien, Henri, interprété par un Mathieu Amalric toujours plus bluffant, qui enchaîne scènes de folie et répliques cultes avec un naturel fou. On évoquera aussi un cadet diplomate et sympathique (Melvil Poupaud, vraiment excellent pour une fois), la femme de ce dernier (Chiara Mastroianni, je t’aime), un cousin artiste, alcoolique et aigri (l’inconnu Laurent Capelluto, une révélation) et le doyen, Abel (Jean-Paul Roussillon, égal à lui-même).

Si il faut fuir la banalité, l’originalité, elle aussi, est apparemment souvent redoutée par beaucoup de metteurs en scène (et pas mal de critiques aussi, apparemment…). Notre Desplechin, ça ne lui fait pas peur. N’hésitant pas à filmer des dialogues d’une cruauté grinçante, c’est avec un certain naturel que le cinéaste fait débiter à ses acteurs toutes ces horreurs, remplies d’amertume. Dans le cinéma français, le film de retrouvailles familiales dans la maison de province est quasiment un genre en soi. Tissant ses réseaux entre personnages, projetant ses petits monstres névrosés sur écran, ne se limitant vraiment pas à l’héritage vicieux et patrimonial Nouvelle Vague de certains de ses contemporains (Christophe Honoré ou François Ozon pour ne pas citer les cancres…) s’éloigne sans problème de ses glorieux prédécesseurs. On peut néanmoins comparer sa fraicheur à celle du Milou en Mai de Louis Malle, par exemple. Mais si ce dernier piquait à Bergman, les plus beaux instants de sa période bucolique et nostalgique, Desplechin leur préfère la douleur sourde et les fulgurances métaphysique du maitre.

On regrettera une palme d’or ratée à Cannes. Destin logique vue l’orientation très politiquement correcte des palmarès du festival, ces dernières années. On privilégie signifié politique, cinématographies méconnues à qualités artistiques. Ce qui au fond n’est pas un mal. On ne peut que regretter que ce genre de qualités ne soient pas plus souvent reconnues. Si le meilleur film de l’année est pour l’instant français, c’est grâce à un cinéaste à la sensibilité exacerbée, ouvert sur le monde pile comme il faut. Du bon post-modernisme, recyclant avec ce qu’il faut de discrétion, de distance et de culture. Un faiseur monumental, sachant exploiter ses acteurs au maximum, mélant improvisation, science du montage et fulgurances esthétiques. C’est une sorte de Godard des années 60 qui ressuscite au beau milieu des années 2000. On oublie trop souvent qu’avant de devenir lui aussi un intellectuel ronflant, Godard était avant tout un sale gosse abreuvé de pop-culture, de littérature pulp et de bande-dessinée, érigeant sur le même plan Humphrey Bogart et Arthur Rimbaud. On souhaite au grand Desplechin un meilleur destin.

mai 25, 2008

Indiana Jones et le Royaume du Crane de Crystal

Classé dans : Uncategorized — legolasda @ 1:09
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Comment faire une critique objective du nouvel Indiana Jones. Je vais fuir un tel questionnement en repondant que c’est tout bonnement impossible. En tout cas, pour quelqu’un de ma génération. La génération de la VHS. J’ai encore les souvenirs enivrants des dimanche après-midi enfermés dans ma chambre à me refaire les trilogies Indy ou Star Wars. C’était un age béni. Une époque ou la solitude ne rimait pas forcèment avec mauvaise conscience, une époque ou la masturbation ou les soucis inhérents, selon Sarkozy, à la jeunesse n’avaient pas encore entachés ma délicate innocente d’enfant de province.

Aller voir le nouvel Indiana Jones, ça dépasse les questions de fanitudes, de geeks, de nerds ou je ne sais quelle qualificatif post-historique. C’est une définition totale de l’experience cinématographique. La plongée dans un monde à la fois rassurant et terrifiant, qui sait aussi bien décrire avec talent l’époque dans laquelle il se trouve, tout en s’en détachant mouvé par une démarche de scénariste d’illustré pour la jeunesse. C’est Tintin qu’on retrouve, capable d’affronter complots sectaires, intrigues esotériques, légendes millénaires, complexes oedipiens et mechants vraiment très méchants sans jamais vendre un sou de son intégrité.

Quand j’y repense c’est en regardant les Indiana Jones que j’ai apprit à me gausser à l’écoute d’une bonne punchline, à savoir maitriser cet art difficile qui est de pouvoir prendre au second degré des intrigues tarabiscotées tout en leur accordant tout le sérieux que mérite un long-métrage de divertissement. J’ai apprit aussi à apprécier les bonnes scènes d’action et de poursuite (La Dernière Croisade est typiquement jouissif sur ce plan-là car il s’agit tout bonnement d’un catalogue de toutes les poursuites possibles et imaginables dans un film : chevaux, voitures, side-cars, tanks, zeppelins, avions, etc).

Trouver au nouvel Indiana Jones des carences scénaristiques ou des problèmes de rythme est tout bonnement impossible si on regarde le film avec son regard d’enfant et si on sait se détacher un tant soit peu de la déception qu’on ressent forcement un peu durant le visionnage d’un film qu’on a si longtemps attendu. Et puis, on a toujours cette impression de film millénaire, qui traversera les ages sans problème et qui saura si bien témoigner de ce drole de loisir qu’était le cinéma aux XXe et XXIe siècles.

Pour ce qui concerne plus précisément le Indy cru 2008, je suis eberlué devant le talent de Spielberg à retranscrire l’atmosphère des Fifties tout en restant léger. L’université, les motards à la James Dean, Elvis Presley, les communistes, Eisenhower, etc. La grande réussite du film, c’est de parvenir à rester dans la lignée des précédents, comme si Spielberg nous faisait juste un autre Indiana Jones de plus. Ni une renaissance, ni un adieu aux armes. Juste un film. C’est ce qu’il y’a peut-être de plus émouvant dans sa démarche.

En grand fan de mystères et de mythes contemporains, la Zone 51, le Nevada evidemment ça me parle, et si j’avais du faire un top 5 des trucs, n’importe lesquels, auxquels j’aurais aimé que Indy fut confronté, toute cette thématique aurait surement été en tête de liste.

Un seul regret, au final : J’aurais peut-être du aller le voir en VF? Après tout, j’ai vu tous les Indiana Jones en version doublée dans mon enfance. La Madeleine de Proust n’en aurait peut-être été que plus savoureuse…

mai 18, 2008

Cahier Critique Permanent j’saispluscombien

Classé dans : Uncategorized — legolasda @ 11:30

Critiques diverses, j’ai vu tellement de merdes ces temps-ci que je vais pas tout énumerer non plus, ce serait une vulgaire perte de temps.

Journal d’une Baby-Sitter

Mauvais film indépendant américain comme d’hab’. Les idées sont gachées sur l’autel d’une fausse naïveté idiote et cynique. L’héroïne soi-disant adepte d’anthropologie se plonge dans une analyse scientifique de la faune de l’Upper East Side. Un épisode de Gossip Girl est plus efficace. Laura Linney et Scarlett sont au poil mais bien sur, ça ne suffit pas. Aucun rythme. Au point de faire passer un film de Michael Mann pour un court-métrage.

Cleaner

Decadence d’un excellent Yes-Man Hollywoodien des années 90, Renny Harlin. Viser trop cher et trop haut, ça a malheureusement un prix pour l’industrie cinématographique ; la preuve le réalisateur de Die Hard 2 et de l’Ile aux Pirates se retrouve ici à mettre en scène le mètre-étalon du scénario post-film noir médiocre, avec pseudo femme fatale bouleversée (Eva Mendes, toujours cool) et Meilleur Ami en fait Gros Mechant (l’excellent Ed Harris qui a du mal a diversifier ses roles) à la clef. Si on rajoute à ça un Samuel L. Jackson en mode automatique et un drame famillial on ne peut plus inintéressant, la coupe est pleine.

Le Grand Alibi

On résume : Rigolo, beau casting, Murino bandante.

Jackpot

Bonne comédie hors-Frat Pack. Relativement jouissif, le mélange comédie potache-romantique prend bien, et on se régale du potentiel comique de Kutcher enfin exploité. Imparfait mais agréable.

Semi-Pro

Le Nouveau Will Ferrel est excellent. On se délecte de la facilité du Frat-Pack à nous trousser de bons scénarios en toute simplicité. Une créativité de tous les instants. Une émotion toujours sincère et jamais cu-cul. On explore toutes les nuances de la gamme comique, du vulgaire au subtil en passant par l’absurde. On exploite tout, jusqu’à la moelle, pour nous faire rire. On ne fait jamais tomber franchement dans le ridicule ses personnages, et ça c’est très important. Cet equilibre permanent entre le franchement pathetique et le délicieusement génial. Il y’a une façon de traiter les losers au cinéma, et les américains savent le faire. Sans jamais tomber dans la condescendance ou la facilité.

Scènes cultes : la partie de poker, une véritable leçon de dynamique comique. Mettez un flingue chargé à l’ecran et regardez ce qu’il en resulte, un délicieux melange de tension, de nervosité et d’absurde.

Tous les delires too much de Will Ferrel. La réunion entre les patrons d’equipe d’ABA dans la première partie du film tient du génie. L’acteur passe de la franche joie, à la tristesse la plus pure, tout en restant dans l’outrance et l’hystérie.

Pourquoi ne sommes nous jamais déçus par le Frat-Pack? Parce qu’ils savent soigner leurs films d’abord. La photo, la mise en scène, le rythme, tout est toujours excellent, simple, parfaitement en adéquation avec le propos. Les acteurs sont géniaux, attachants, on prend toujours plaisir à apercevoir dans un coin de l’ecran tel second couteau ayant servi différement dans un film précedent de la fratrie. Et surtout une générosité de l’humour dans son sens le plus large.

Iron Man

Excellent Blockbuster. On croyait à un nouveau ratage à la Daredevil. On se retrouve avec un vrai film de fan boy.

Iron Man n’atteint evidemment pas (encore?) les monuments de cinéma mainstream de Raimi, Burton ou Nolan. La  prétention auteuriste en moins, on se rapproche plus des metrages de Bryan Singer, faiseur honnete mais sans génie.

Favreau réalise ici son rève de fan, un blockbuster couteux mais simple comme bonjour, efficace dans sa dénonciation en règle de l’industrie des armes, brillant dans son casting à l’encontre des exigences hollywoodiennes, et même inspiré dans sa mise en scène, sans jamais céder à l’ostentation.

La séquence d’ouverture jusqu’à l’inscription du titre en est l’excellente illustration ; une bonne scène de guerilla nerveuse suivi d’un superbe plan, suintant et terrifiant, de vidéo terroriste. Le reste du film est au diapason. Le style visuel est fort (ordinateurs, hologrammes…) et le film insiste tout particulièrement sur l’aspect technologique, mecanique mettant en valeur avec brio les qualités d’ingénieur de son protagoniste. Fascinante scènes que celle où Downey Jr. met au point des inventions d’une merveilleuse sophistication.

Autre point fort du film ; l’humour qui échappe à l’artificialité qui est souvent l’apanage des gags de blockbusters trop markétés.

Comme tout premier volent, on est un peu avare en scènes d’action, privilégiant (et à juste titre) l’introduction, la génèse du héros. Si Bridges et Downey Jr. confinent au génie, Paltrow et Howard sont malheureusement sous-exploités (Note : commencer à s’interroger sur le charisme de ce dernier…). Mais le vrai défaut du film, c’est la musique qui, avec ses affreux riffs de guitare pompiers, n’est même pas digne d’un Fast and Furious en direct-to-video.

Suffit juste maintenant à Favreau de prendre un peu plus conscience de l’ampleur du machin et de nous pondre une suite intelligente, furieuse, épique et bouleversante… On lui fait confiance.

avril 2, 2008

Bande-Annonce Pipou Movie

Le film tant attendu…

Pipou movie

Classé dans : Uncategorized — legolasda @ 4:40

Et voici le tant attendu Pipou Movie. En deux parties…

 Pipou Movie – Première Partie

Pipou Movie – Seconde Partie 

A la demande generale, la scene des baffes a été raccourcie. Le film est toujours aussi opaque, mais j’espere qu’il vous procurera un minimum de plaisir…

Avec Raphaël travaillons au montage et à l’elaboration du scénario de deux nouveaux metrages d’ambitions differentes, mais aux thematiques proches…

mars 9, 2008

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 10

Classé dans : Uncategorized — legolasda @ 3:17

Cloverfield de J.J. Abrams et Matt Reeves
cloverfield-poster-thumb.jpg

Cloverfield, c’est un peu le film qui devait être fait. Je l’opposerai un peu plus tard au Redacted de De Palma qui est motivé par la même ambition de retranscription de nos modes de visionnages contemporains. Ce film « youtube » comme il convient désormais de dire conte l’histoire d’une bande de jeunes branchés New-Yorkais confrontés à l’attaque d’une sorte de Godzilla Next-Gen. L’intégralité du film nous est présenté sous un seul et unique point de vue, celui d’un caméscope retrouvé quasi-accidentellement dans les mains d’un des principaux protagonistes.

Un film extrême, donc, qui érige le gimmick comme règle absolue, centre et sujet d’un film, qui utilise son monstre comme création d’un contexte sans pour autant délaisser les séquences purement spectaculaires. Mais qu’entend on par spectaculaire ? Car de par sa facture « révolutionnaire », Cloverfield amène l’analyste cinématographique à se poser tout un tas de question sur les artifices cinématographiques auquel il a été habitué. On peut s’amuser à énumérer lesquels de ces artifices sont éludés au sein d’un tel dispositif. Plus de champ/contre-champ, mais un hors champs aux potentialités et au pouvoir de suggestion decuplé. La caméra se ballade aléatoirement (apparemment en tout cas) au sein d’un univers apocalyptique. Le caméraman amateur, de par sa condition d’amateur, exerce un contrôle tout relatif quant aux images qu’il produit. Il est influencé par les intempéries, les caprices des décors, le tourbillonnement de l’univers dans lequel il évolue, et même, plus intéressant ses affects (il préférera souvent filmer la fille dont il est entiché que des élèments plus interessants objectivement). Sa vue se substitue à l’œil de la caméra.

Débat très intéressant que le suivant. Peut-on considérer que Cloverfield nous plonge au cœur de l’action ? Une amie à moi me défendait mordicus l’avis opposé. J’avancerais qu’une telle fusion entre la vue d’un être humain, et le mode de représentation, une telle subjectivité, ne peut que créer une distance on ne peut plus importante entre le spectateur et les images qui lui sont proposées. Le travail d’un metteur en scène comme Roland Emmerich quand il filme le remake de Godzilla est de nous faire oublier la caméra. Il nous plonge dans les endroits qu’il juge les plus intéressants (etats-major, scènes de destruction…) pour nous faire vivre l’attaque d’un monstre sur New-York de la manière la plus omniprésente possible. Ici, la caméra et les personnages effectuent un parcours quasi-parrallèle à celui du monstre (seul petit défaut du film : pour des raisons de narration et d’enchère dans le spectaculaire, les personnages sont forcés en permanence de se jeter dans la gueule du monstre. Un défaut cosubstantiel quoi…). En résulte une impression de froideur extrême à la vision du film, renforcée par les efforts des réalisateurs pour nous rappeller en permanence la nature materielle du film : c’est une bande retrouvée sur Central Park, montrée brute, sans montage ou manipulation. Reeves et Abrams s’amusent à recréer les défauts d’une cassette de camescope. Les imperfections profitent au propos et à l’émotion du film : Entre scènes de destruction massive et poursuites haletantes, les fantomes des images enregistrées sur la même bande quelques semaines plutôt surgissent, et évoquent constamment un passé idyllique par opposition à un présent tourbillonnant et infernal. Ironique. Froid. Brillant.

Il y’a aussi la dimension post-11 septembre bien sur. Le film se contente de titiller l’inconscient du spectateur, supposé traumatisé par la chute des tours, en recréant des scènes et des points de vue similaires (la sublime scène du nuage de fumée). On se passe ici de point de vue politique. Seul subsiste un pessimisme glaçant qu’on suppose fortement ironique quant à la destinée d’un peuple américain toujours un peu trop frondeur et dépassé. Reste une sublime petite reflexion sur la reproduction cinématographique du réel, un manifeste post-moderne sur la multiplication des points de vue, l’importance du point de vue et surtout le role du metteur en scène. Car on pourrait penser que dans ce chaos du filmage amateur, Reeves et Abrams n’ont pas grand chose à faire. Et justement… Tout reste à faire… La question du point de vue éjectée, reste à créer un univers, un hors-champs, une ambiance. Bref, un monde.

novembre 27, 2007

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 8

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Faut que ça danse! de Noémie Lvovski

Titre mensonger pour comédie intéressante sur le traumatise d’Auschwitz. Les meilleures scènes découlent de cet aspect : un hilarant assassinat d’Hitler ou une sobre visite au musée de la déportation. L’aspect chronique familliale tient moins le cap, malgré notre tresor national Jean-Pierre Marielle ou la prestation de Bulle Ogier. Sabine Azema fait sa Sabine Azema (ce qui lui réussit toujours) et Valeria Bruni-Tedeschi égale à elle-même et à son jeu habituel.  C’est pas vraiment un cinéma qui me botte. On était plus en droit de préférer les Sentiments, son premier film. C’est du cinéma un poil trop Femisard et prétentieux pour moi je dois l’admettre.

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Darling de Christine Carrière

La réalisatrice maitrise parfaitement son sujet, arrive à parler de la France profonde avec gravité et drédibilité tout en évitant l’ecueuil de la caricaturisation, ce qui n’était pas facile avec une telle histoire (une femme martyr subissant tour à tour les coups de son père puis de son mari). Le tout grace à l’intérpretation tout en finesse de Marina Foïs et d’une simple volonté de conter, de réciter, indépendament d’eventuelles ambitions sociologiques. Ce que le film réussit avec un relatif brio et un sens de l’émotion admirable.

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 American Gangster de Ridley Scott

Je hais Ridley Scott. Le premier Alien n’a jamais été mon préféré. J’ai toujours trouvé Blade Runner chiant et daté. Et Gladiator merite sans hésitation le titre de film le plus surestimé de ces dix dernières années. Alors, faut me comprendre. J’ai du me battre contre toute mon hypocrisie et ma mauvaise foi, pour concéder que la bande-annonce de son nouveau film  donnait envie de prendre son billet pour une séance. Il faut préciser que j’avais aimé Kingdom of Heaven et que quand il s’y met et qu’il reste à sa place d’honnete faiseur, Ridley Scott peut produire un cinéma tout à fait respectable, voire très bon. Ce qui est attirant dans le projet de Scott, mis à part son casting, c’est cette envie de traiter le film de gangster 70’s à la lumière du contexte social américain de l’époque, ce que les Coppola et Scorsese n’avaient jamais eu l’occasion de faire à l’époque, manque de recul. Prétention historique tout à fait justifiable. C’est une Amérique en lutte avec ses valeurs et sa morale à laquelle s’interesse Scott. Il peut même se déssiner, comme me l’a si bien fait remarqué Joe Pesci (j’ajoute donc un copyright), des thèmes réccurrents au sein de l’oeuvre du réalisateur : une fascination pour les dichotomies du Bien et du Mal, de l’ordre et du hors la loi.

Avec ça, un certain esprit boyscout, naïf. Ce qui fait toujours l’originalité du cinéma de Scott, c’est le happy end. Pas un happy-end purement hollywoodien, plutôt une juste récompense pour des personnages qui bourlinguent beaucoup et en chient pendant tout le film. Dans un film plus péssimiste (donc un film “normal”…) le héros idéaliste se heurterait au roc de  l’institution, de la corruption, d’enjeux tellement disproportionnés qu’ils le renvoient à son condition de petit mortel. Ici, l’aspect réaliste et historique ne transige en aucun cas avec l’idealisme de Scott et de sa croyance en une justice des hommes efficace.

Autre aspect intéressant, l’influence totalement assumé des series américaines. On retrouve les notions de famille et les relations entre familles des Soprano. Et la bande de policiers bras cassé incorruptibles de The Wire. Donc les séries américaines qui se seraient nourries du cinéma serait en train de renvoyer la pareille. American Gangster béneficie de la même ambition que les shows précités. Il bénéficie aussi d’un solide savoir faire, d’un excellent casting et d’une approche historique du film de gangster qui apporte une plus value non négligeable à une oeuvre définitivement politique et decidée à dénoncer la complexité morale et éthique de la première démocratie du monde.

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