Legolasda’s Weblog

mars 26, 2008

Le Nouveau clip des Raconteurs

Classé dans : Musique — legolasda @ 11:10

Il est arrivé. Doublé d’un album sublime, dont la couverture évoque tout autant le Sergent Pepper des Beatles que les Basement Tapes de Dylan. L’album ne fait pas honte à ces glorieuses réferences, tant chaque chanson rescelle de tresors mélodiques, de petites trouvailles et tant l’harmonie vocale entre Benson et White fonctionne toujours aussi bien.

mars 9, 2008

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 11

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 3:54

No Country for Old Men de Joel et Ethan Coen

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Gagnant surprise des derniers Oscars, No Country for Old Men est surement le film le plus brillant et le plus sublime sorti en ce début d’année. Un monument d’une intensité et d’une simplicité dont l’ampleur est peut-être difficilement perceptible à la toute première vision.

Ce Bon, la Brute et le Truand remixé par les auteurs de Fargo, conte l’histoire d’un mec tout ce qu’il y’a de plus normal, incarné par Josh Brolin, qui tombe à l’issue d’une partie de chasse sur une valise pleine de billets sur le lieu d’un massacre entre trafiquants de drogue. Il est alors pris en chasse par un tueur à gages impitoyable, Chigurh, joué par l’impeccable Javier Bardem (oscar du meilleur second role à la clef). Entre les deux, le sherif incarné par Tommy Lee Jones, depassé par tant de violence et de barbarie (le vieil homme du titre c’est lui).
A partir d’une base de film noir (le grand dada des brothers), et d’un bouquin de Cornac McCarthy, les Coen gardent l’humour cosubstantiel à leur cinéma, mais expulsent le cynisme. Car, pour la première fois, un certain réalisme s’insère dans les mécanismes de leur virtuosité si bien huilée. A la différence des Fargo et autres Miller’s Crossing, un personnage, le sherif, jouit d’un certain recul sur les évènements qui se déroulent dans son district. Il est sur la défensive, ne comprend pas, se sent presque agressé par la furie qui se dégage du personnage de Chigurh. On pourrait avancer qu’il commencer à se faire « trop vieux pour ces conneries ». Mais ce n’est pas le propos de McCarthy, ni celui des Coen. Il y’a un parallèle à faire avec le personnage de McDormand dans Fargo, sherif de son état elle aussi. Bien qu’enceinte, elle arrêtait les méchants revolver au poing, en se demandant avec toute l’innocence du monde comment on pouvait faire du mal à son prochain. Rien à voir, avec le mal-être métaphysique du personnage de Lee Jones, depassé, malheureux de ne plus avoir les capacités de contribuer au bien-être de la société. A la violence sociale, à la progression du capitalisme, répond une violence plus viscérale et constante, banalisée.

Le brio du film, c’est de rester du pur cinéma, tout en parlant assez directement ancré dans le monde. Comme une fusion entre les Coen d’il y’a quelques années, et une fratrie plus consciente et mature. C’est toujours très drôle, ironique, jouissif. La science du geste reste précise, étourdissante. Et surtout, très audacieux. C’est ce qui m’a surprit dans son triomphe aux oscars. Car il s’agit d’un film purement Coenien, sans concession. On obéit pas aux conventions Hollywoodiennes, et on se permet un final tout ce qu’il y’a de plus bavard et contemplatif. Il y’a aussi une des progressions narratives les plus anti-spectaculaires que j’ai jamais vue : la mise en scène se focalise de moins en moins sur les meurtres, les scènes de violence, comme par lassitude (un comble chez les Coen). Le récit épouse donc peu à peu le point de vue du personnage du sherif.

Le film transpire d’instants de grâce. Comme le regard de ce pauvre chien meurtri qui fuit les lieux du crime. La diction de Woody Harrelson. L’échappée au Mexique.  Il y’en a trop pour les citer toutes…
Si vous aimez le grand cinéma, fait de maitrise, de virtuosité. Si vous aimez rire de l’absurdité humaine, de l’ironie du destin. Si vous aimez la grandeur romanesque. Si vous aimez les petits détails de la vie. Si vous aimez l’intelligence de la mise en scène, la science du suspense, ou les grandes interprétations. Si vous aimez les rêves, l’Amerique dans tout ce qu’elle a de plus paradoxal et fascinant. Et bien si vous aimez au moins une de ces choses, je ne vous comprends si vous n’êtes pas déjà allés voir ce film.

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 10

Classé dans : Uncategorized — legolasda @ 3:17

Cloverfield de J.J. Abrams et Matt Reeves
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Cloverfield, c’est un peu le film qui devait être fait. Je l’opposerai un peu plus tard au Redacted de De Palma qui est motivé par la même ambition de retranscription de nos modes de visionnages contemporains. Ce film « youtube » comme il convient désormais de dire conte l’histoire d’une bande de jeunes branchés New-Yorkais confrontés à l’attaque d’une sorte de Godzilla Next-Gen. L’intégralité du film nous est présenté sous un seul et unique point de vue, celui d’un caméscope retrouvé quasi-accidentellement dans les mains d’un des principaux protagonistes.

Un film extrême, donc, qui érige le gimmick comme règle absolue, centre et sujet d’un film, qui utilise son monstre comme création d’un contexte sans pour autant délaisser les séquences purement spectaculaires. Mais qu’entend on par spectaculaire ? Car de par sa facture « révolutionnaire », Cloverfield amène l’analyste cinématographique à se poser tout un tas de question sur les artifices cinématographiques auquel il a été habitué. On peut s’amuser à énumérer lesquels de ces artifices sont éludés au sein d’un tel dispositif. Plus de champ/contre-champ, mais un hors champs aux potentialités et au pouvoir de suggestion decuplé. La caméra se ballade aléatoirement (apparemment en tout cas) au sein d’un univers apocalyptique. Le caméraman amateur, de par sa condition d’amateur, exerce un contrôle tout relatif quant aux images qu’il produit. Il est influencé par les intempéries, les caprices des décors, le tourbillonnement de l’univers dans lequel il évolue, et même, plus intéressant ses affects (il préférera souvent filmer la fille dont il est entiché que des élèments plus interessants objectivement). Sa vue se substitue à l’œil de la caméra.

Débat très intéressant que le suivant. Peut-on considérer que Cloverfield nous plonge au cœur de l’action ? Une amie à moi me défendait mordicus l’avis opposé. J’avancerais qu’une telle fusion entre la vue d’un être humain, et le mode de représentation, une telle subjectivité, ne peut que créer une distance on ne peut plus importante entre le spectateur et les images qui lui sont proposées. Le travail d’un metteur en scène comme Roland Emmerich quand il filme le remake de Godzilla est de nous faire oublier la caméra. Il nous plonge dans les endroits qu’il juge les plus intéressants (etats-major, scènes de destruction…) pour nous faire vivre l’attaque d’un monstre sur New-York de la manière la plus omniprésente possible. Ici, la caméra et les personnages effectuent un parcours quasi-parrallèle à celui du monstre (seul petit défaut du film : pour des raisons de narration et d’enchère dans le spectaculaire, les personnages sont forcés en permanence de se jeter dans la gueule du monstre. Un défaut cosubstantiel quoi…). En résulte une impression de froideur extrême à la vision du film, renforcée par les efforts des réalisateurs pour nous rappeller en permanence la nature materielle du film : c’est une bande retrouvée sur Central Park, montrée brute, sans montage ou manipulation. Reeves et Abrams s’amusent à recréer les défauts d’une cassette de camescope. Les imperfections profitent au propos et à l’émotion du film : Entre scènes de destruction massive et poursuites haletantes, les fantomes des images enregistrées sur la même bande quelques semaines plutôt surgissent, et évoquent constamment un passé idyllique par opposition à un présent tourbillonnant et infernal. Ironique. Froid. Brillant.

Il y’a aussi la dimension post-11 septembre bien sur. Le film se contente de titiller l’inconscient du spectateur, supposé traumatisé par la chute des tours, en recréant des scènes et des points de vue similaires (la sublime scène du nuage de fumée). On se passe ici de point de vue politique. Seul subsiste un pessimisme glaçant qu’on suppose fortement ironique quant à la destinée d’un peuple américain toujours un peu trop frondeur et dépassé. Reste une sublime petite reflexion sur la reproduction cinématographique du réel, un manifeste post-moderne sur la multiplication des points de vue, l’importance du point de vue et surtout le role du metteur en scène. Car on pourrait penser que dans ce chaos du filmage amateur, Reeves et Abrams n’ont pas grand chose à faire. Et justement… Tout reste à faire… La question du point de vue éjectée, reste à créer un univers, un hors-champs, une ambiance. Bref, un monde.

février 10, 2008

Retour en critiques

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 11:27
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A la demande générale, je sors de mon trou et continue mon activité critique… Nous sommes le 10 fevrier et ce début d’année fut d’un point de vue cinématographique incroyable. Janvier et fevrier sont traditionnellement une période de vache maigre propice aux mauvais films à oscars (les bons bénéficiant généralement de sorties mondiales à la fin de l’année précedente) et aux blockbusters français… 2008 sera l’exception qui confirme la règle, je suppute, car si nous avons eu droit à notre TRES MAUVAISE grosse production nationale, les films à oscars, eux, sont sublimes. Venons- en au coeur du sujet.

Sweeney Todd - Tim Burton

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Rien de plus agaçant que la sortie d’une comédie musicale quand vous êtes vous-même fan de comédie musicale. Je parle d’experience car j’en suis un, et je découvre à chaque fois que le public dans sa généralité n’est pas vraiment prompt à apprécier le potentiel lyrique et esthetique du genre. Le dernier Burton, et c’est ce qui le sauve je le suppose au regard de l’audience populaire, n’est pas véritablement une comédie musicale. La partition que reprend le film relève plus de l’opéra. Les dialogues et les morceaux s’entremelent avec grace et fluidité. Et le ridicule ne prend absolument JAMAIS le pas sur la beauté inhérente au genre.

Ce qui est cool avec Burton, c’est qu’il a un petit coté insaisissable. Il a des élèments redondants bien sur, et c’est pour cela qu’il est le réalisateur le plus analysé et acclamé par les jeunes générations (Trois bons quarts des dossiers d’étudiants en cinéma doivent lui être consacrés…). Le mythe du démoniaque barbier de Fleet Street, fondateur parait-il dans son univers, lui permet ici d’approfondir encore sa fascination pour le gothique et l’architecture victorienne. Il suffit de revoir Sleepy Hollow pour s’en convaincre. Mais à chaque film, et c’est ce qui rend la seconde partie de sa carrière plus intéressante que la première, Burton affute des propos audacieux et anti conventionnels bien plus profonds et intéressants que les habituels représentations narcissiques de l’adolescence et de l’imaginaire en oeuvre dans les Edward et autres Beetlejuice. Après, le film d’adieu à son père (Big Fish) et le propos chelou sur l’éducation (Charlie et la Chocolaterie), Burton met en scène un gros budget couillu, jouissif et sanglant, qui élude totalement les questions de bien et de mal, se contentant de placer au centre de son récit un personnage meurtri, misanthrope et assoiffé de vengeance, protagoniste d’une bouleversante tragédie.

Les chansons sont dans toutes les têtes (“I feeel you Johaaannaa…” “Pretty Women”), Depp est nommé aux Oscars pour un véritable bijou dans lequel Burton laisse tomber l’imagerie pure pour une épure radicale de son art (un salon de barbier comme décor principal). La preuve manifeste et définitive d’un grand auteur de son temps qui, contrairement à ce que beaucoup disent, s’est révélé plus intéressant et talentueux dans les années 2000 que dans les années 90.

Reviens-moi – Joe Wright

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Malgré toutes les ostentatoires dérives et emportées lyriques que vous pourrez lire dans les critiques suivantes, Reviens-moi est mon véritable coup de coeur de ce début d’année. C’est franchement un type de cinéma qui me plait et que j’aimerais voir plus souvent. Vous savez à quel point je suis un grand sentimental, à quel point les mélos me déchirent le coeur et à quel point les belles histoires d’amour, quand elles sont racontées avec talent, me touchent et me bouleversent. Je suis une vraie grand-mère, même si je n’en suis pas encore jusqu’à en lire Nous Deux ou à regarder M6 le dimanche après-midi.

SPOILER

J’avais déjà apprecié l’adaptation par Wright d’Orgueils et Prejugés avec la même Keira Knightley. J’y trouvais là un parfait exemple de cinéma bavard et rayonnant, comme moi et mon ami Joe Pesci les affectionnons tant (pour Joe ce sera plutot le coté bavard que rayonnant, je le concède). Wright est un spécialiste des envolées lyriques. Tant que peu de questions se posent sur sa sexualité et que je ferais bien peut-être de me poser des questions sur la mienne… (lol).

L’histoire est adaptée d’un livre de Ian McEwan nommé Expiation (une nouvelle occasion de s’interroger sur la logique des traducteurs, étant donné que le titre original du film est Atonement, et qu’on a jugé bon de traduire en français par “reviens-moi”, qui est une phrase prononcée, certes, à quelques reprises par Keira dans le film, mais bon…). Ca commence dans l’Angleterre bourgeoise des années 30, ou la belle demoiselle de la maison tombe amoureuse du jardinier interprété par James McAvoy. La cadette de la famille, personnage au centre du récit, et interpretée par trois différentes actrices selon les époques, invente un bobard pas possible pour les séparer, et envoie McAvoy en prison. Entre temps, la mise en scène de l’éclosion des sentiments, la sensualité se dégageant du corps Knightley, la subtilité de l’actrice Knightley, et l’ambiance feutrée et sublime de la scène de la bibliothèque achèvent de faire de Reviens Moi une merveille pour les yeux et pour le coeur et surtout de poser le film sur des bases solides. Car des trois temporalités explorées par le film, ce sera cette première que l’on retiendra au final, merveilleuse de langueur et de tendresse. Un grand film nostalgique.

Par la suite, on fera une incursion dans le film de guerre. Aucun coup de feu n’est tiré, mais c’est tout comme. Grande démarche propre au mélodrame, de montrer les tourments de la guerre, non d’un point de vue politique, mais comme incarnation de l’injustice du monde et du destin en furie, qui, de concours, s’acharnent à séparer les amants maudits. Le plan-séquence de Dunkerke, qui ne dépasse jamais véritablement la démonstration technique, devrait être étudiée dans les écoles de cinéma. Bercé par une bande originale majestueuse de Dario Marianelli (on croise les doigts pour les oscars), le tout emporte le coeur et me rappelle personnellement les plus belles envolées de Jackson pour le Seigneur des Anneaux (au risque d’être ridicule).

Le dernier segment, le plus cours, est l’occasion d’une première incursion au sein de la brève mais déjà très prometteuse filmographique de Wright, dans l’ère contemporaine. Vanessa Redgrave il joue la cadette au centre du récit, devenue ecrivain, et expliquant la génèse de son dernier livre (dans tous les sens du terme), contant l’histoire de son erreur et du destin des amants maudits. Elle utilise l’Art comme un défouloir, fantasmant aux personnages des deux amants, quelques jours de roucoulades, qu’ils n’auront jamais connu.

Moi j’ai pleuré. Et j’aime bien pleurer au cinéma. Après bon… C’est vrai, je suis amoureux de Keira. Son accent bitish est véritablement craquant. Mais je ne vois pas ce film avec les yeux de l’amour (sinon je dirais que Joue La Comme Beckham est une splendeur de comique de situation, ce qui n’est pas le cas…), je préfère penser que c’est là, véritablement, un cinéma de l’émotion, et de la pureté, exploitant ce qu’il y’a de meilleur dans le patrimoine de l’immortelle Albion, contrée décidément fascinante à mes yeux.

Asterix aux Jeux Olympiques de Thomas Langmann et Frederic Forestier

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Selon certains, une liste peut être plus éloquente qu’un long discours. Je vais donc ici faire la liste des bonnes blagues du film. En sachant que je n’ai vu le film qu’une fois, et que Joe et moi n’avons pas eu beaucoup de problèmes pour nous en souvenir. Et que nous sommes indulgents…

- Le bide de Brutus quand son régiment derrière lui est censé rire à toutes ses blagues.

- “Ouais si j’etais toi je le ferais ecarteler”

- Le running gag des armures avec Alexandre Astier dans le stade

- Une réplique de Seimoun “Sacrilège! On a volé les coléoptères”

- Jamel qui dit à Cornillac “T’es plus beau qu’avant…”

- Jamel et Zidane

- Hors diégèse : quand Langmann dit dans certaines interviews que son film est respectueux de la BD.

Précisons aussi, que le rire a pu a plusieurs reprises être nerveux… En tout cas merci à Langmann et Forestier de m’avoir prouvé que Poolvoerde pouvait ne pas être drole.

Into the Wild de Sean Penn

Je passe vite fait sur le succès surprise de début d’année. J’ai beaucoup de respect et d’amour pour Sean Penn, mais est-ce un sacrilège de dire qu’il ne me fait pas spécialement bander en tant que metteur en scène? Il nous présente ici un bon film, sans plus, un poil trop démonstratif et longuet. Je ne comprends pas l’engouement de beaucoup de personnes pour ce honnête petit morceau. Peut-être parce que Emile Hirsch est mignon? Le seul segment qui sort du lot, c’est le quart d’heure avec le vieux monsieur interprété par Hal Holbrook. Très émouvant… Sinon, Vince Vaughn est choco. Et c’est tout? Oui c’est tout…

Live ! de Bill Guttentag

Mauvais faux documentaire (pleonasme?). Eva Mendes produit et joue très bien, certes. Mais le tout fait très toc et tombe dans le piège : il cède au même racolage et au même suspense malsain que les émissions qu’il tente de dénoncer.

Juno de Ivan Reitman

Le nouveau Little Miss Sunshine est… aussi bien que Little Miss Sunshine. C’est à dire mignon… Bien interprété. Dialogué avec drolerie. Mais on ne peut que s’empecher de s’agacer devant ce cinéma indépendant américain très mainstream au fond, qui se contente de rabacher une morale sur le fond assez convenue, avec des dehors de petite révolution pop. Le tout enrobé de personnages artificiellement originaux et de gros mots juste là pour faire joli. N’est-ce pas un peu cynique?

Cela dit… Michael Cera est un genie…

La Guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols

Un film qui fait du bien. Dialogué et écrit à la perfection par le génie du petit écran Aaron Sorkin (Studio 60 et A la Maison Blanche, c’est lui!), Nichols nous propose du vrai film politique, drole et pertinent. Une vraie démarche d’historien, visant à montrer les préludes, dans toute sa complexité, plutot que de céder à la représentation d’une actualité forcèment subjective et cadrée par l’urgence. Seymour Hoffman c’est une splendeur faite acteur. On peut franchement s’extasier devant le brio avec lequel il mène sa carrière. Hanks et Roberts sont sympas. Du bon cinéma, avec des dialogues stylés et des acteurs chocos. Ancré dans le réel, tout en visant à la pédagogie et au divertissement, au fond que demander de plus?

Deux critiques dantesques (celles du coen et de Cloverfield) pointent le bout de leur nez, alors restez aux aguets…

janvier 8, 2008

TOP 20 Cinéma 2007

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 10:24

Le voici, le voilà, vous l’attendiez tous, les 20 meilleurs films de l’année selon votre ambassadeur du bon gout…
20 – Bug

Le surprenant récit metaphorique d’un beau réalisateur, William Friedkin, qui imagine l’amour comme une fuite vers l’avant dans la folie, et la conscience comme paranoïa. On ne parle pas assez de ce film, on l’a trop vite oublié et c’est dommage.

19 – L’Homme sans Age

Coppola fait défiler sous nos yeux le fil d’une vie fictive et fascinante, faite d’obsessions scientifiques, de schizophrenies et de metaphores sur l’Art et le Savoir. Son sens du baroque et son gout pour l’experimentation font des merveilles.

18 – Supergrave

Produit par Judd Appatow (élu homme de l’année en ce qui me concerne), Supergrave évoque Freaks and Geeks le petit bijou de série du même créateur. Le film atteint des sommets de comique et de drolerie, et sait décrire l’adolescence avec tout ce que ça comporte de tendresse et de marginalité. Ecrit par Seth Rogen, impayable en flic abruti, Supergrave est une merveille

17 – Les Rois du Patin

Une petite merveille d’humour Frat Pack remplie d’acteurs à la puissance comique veritigineuse (Will Arnett epouse-moi). C’est aussi un merveilleux petit traité sur l’amitié. Et rempli de gags alliant majestueusement la grace et le burlesque, les deux fondements de la drolerie cinematographique ne l’oublions pas.

16 – Le Royaume

Bien que trop didactique dans sa conclusion, Peter Berg integre le cinéma d’action de son maitre de producteur, Michael Mann, ainsi qu’une certaine esthetique du réalisme heritée du meilleur de la serie televisuelle americaine contemporaine. Un point de vue interessant sur le role de l’Amerique dans les relations internationales. Le prototype du nouveau cinéma d’action de grande consommation. Passionnant.

15 – La Nuit nous Appartient

Le film le plus irréprochable de l’année. Une perfection scénaristique, un bijou de mise en scène. Une intrigue universelle qui emprunte aux plus grands mythes de notre culture occidentale. James Gray prouve que les histoires les plus simples sont souvent les meilleures. La figure du père et son alienation s’imposent comme thèmes intemporels et indemodables.

14 – Zodiac

David Fincher filtre sa mise en scène jusqu’a n’en garder que le sel et la profondeur. Le film de la maturité, comme on dit. Terrorisant, tétanisant, le film évoque ces thrillers typiquement 70’s (style Hommes du President), sont les noeuds de boudin qui constituent les fins illustrent parfaitement les frustrations d’une société qui n’en finit pas de créer de nouveaux problèmes et d’oublier les précedents.

13 – Hairspray

La comédie musicale de l’année. Rares sont les films dans lesquels les acteurs s’eclatent autant que le spectateur. Du John Water light certes, mais un punch et un swing qui se ressentent dans la BO que je me passe en boucle.

12 – Boulevard de la Mort

Pour inaugurer ce très douloureux top 10 (enfanté dans la souffrance), la dernière petite merveille post-moderne du maitre Tarantino. Tout l’intéret du film réside dans cette prétendue etiquette “film mineur”. Cette appellation vaut à Tarantino des envolées verbales d’une splendeur drolatique, et une liberté qui fait plaisir à voir. Mentionnons aussi une belle idée : la scission en deux parties. En moins de deux heures, on assiste à un defilé des grandes figures tarantinesques. Tout ça se parodie, se destructure, crée un sens nouveau. Mais c’est toujours aussi jubilatoire. Une merveilleuse vision de la feminité et du feminisme.

11 – Harry Potter et l’Ordre du Phoenix

Quand un HP sort, il est toujours dans mon top de l’année. Yates a fait un boulot remarquable, sa demarche de politisation de l’univers se greffe parfaitement à l’ensemble, et apporte beaucoup à la saga. C’est Orwell et la Seconde Guerre Mondial qui s’incrustent chez les sorciers et la richesse du monde de Rowling n’en finit pas d’émerveiller, tant il est capable d’accueillir tellement de visions et de points de vue différents sans s’en retrouver dénaturé.

10 – Spider-man 3

Le film malade de la saga. Touchant et fascinant, dans ses excès, ses petits défauts. Si le deuxième opus brillait par sa régularité, son équilibre et ses légères touches subversives, Raimi orchestre ici une pièce de maitre, gourmande, presque etouffe chretien. Les paraboles mythologiques se succèdent avec brio (la scène de l’Eglise figure parmi les toutes meilleures scènes de l’année), et les sous-intrigues trouvent à toutes une conclusion satisfaisante et touchante. Du grand Entertainement. Du grand Art tout court.

9 – Pirates des Caraïbes 3

Session Blockbuster donc. Vous connaissez ma vision des choses, surtout concernant ce film. Je ne ferai que mettre en avant les qualités scenaristiques, l’ampleur épique, le foisonnement myhtologique, l’humour subversif, et la conclusion culottée des aventures de Jack Sparrow.

8 – Halloween

Trop souvent oublié dans les tops de fin d’année, la relecture du classique de Carpenter par Rob Zombie est une pure merveille. Une adaptation intelligente d’un classique par un veritable auteur à l’univers fort et referencé.

7 – Ratatouille

Pixar est à son sommet dans cet hommage aux Disney les plus melancoliques et iconoclastes (La Belle et le Clochard, les Aristochats). Paradoxalement, Ratatouille est surement le film le plus subversif du studio, traitant non seulement de la différence, de l’Art mais aussi de problèmes aussi epineux que le travail clandestin. Ca a la subtilité et la saveur des grandes comedies americaines de l’Age d’Or, ça sent le Wilder et le Lubitsch à plein nez. C’est le pur régal cinématographique de l’année.

6 – Steak

Etonnant n’est ce pas? Pourtant le film de Quentin Dupieux est surement ce qu’on a vu de plus stylé, original et iconoclaste dans le cinéma français depuis des années. Ca fait penser à Blier mais ça se passe aux Etats-Unis. Ca fait penser à Orange Mecanique mais c’est beaucoup plus absurde. C’est inclassable et on y decouvre que l’humour d’Eric et Ramzy peut etre beaucoup plus profond qu’il n’y parait. Une experience fascinante et hypnotisante, tout ce que 99F n’est pas en somme. Le chef-d’oeuvre absolu du genre qu’il vient de créer.

5 – INLAND EMPIRE

2007, c’était l’année des presidentielles, de la fin de notre Liberté, mais aussi, à une echelle plus personnelle, l’année de ma révélation à David Lynch. J’ai passé le dégout que m’inspirait son cinéma suintant et experimental, pour prendre pleinement la mesure de sa puissance d’évocation, de sa grande capacité d’auteur, de sa condition de cinéaste le plus effrayant de l’histoire du 7eme Art. INLAND EMPIRE (avec les majuscules s’il vous plait) c’est le chant du cygne du cinéma, le film d’horreur absolu, le plus belle oeuvre DV jamais realisée, et le paroxysme du cinéma, de ce qui fait de lui l’Art Supreme. Les ruptures de ton, l’intelligence du trucage et la capacité à nous faire rentrer dans un réel cinématographique autre font de INLAND EMPIRE une oeuvre majeure.

4 – La France

Serge Bozon est un réalisateur à suivre. Se détachant de la mouvance disons “cahier du cinéma-Femis”, La France a de l’originalité à revendre et a cette démarche pas si courante dans l’hexagone visant à détourner les codes de notre Histoire et de notre Culture pour faire émerger une réalité et un point de vue autre. Les poilus chantent de la pop anglaise à visée européenne et fuient cette France qu’ils aiment mais qui les recrache. Se réclamant du cinéma d’Aventure Hawksien, Bozon filme avec amour des paysages typiquement gaulois et a retenu de l’Age d’or Hollywoodien cette capacité à inscrire le groupe dans le paysage et les individualités dans le groupe.

3 – En Cloque, Mode d’Emploi

La comédie de l’année, pour suivre l’adage publicitaire. Appatow c’est Capra couplé aux Freres Farrelly, Wilder associé à Nick Hornby. De son cinéma se dégage un sentiment d’amour, de drolerie, de tendresse et de felicité que l’on ne retrouve que dans les meilleures oeuvres des glorieux noms precités. Des comedies longues, brillantes et divertissantes. Comment peut-on faire l’erreur d’en demander plus?

2 – I’m Not There

Je me suis suffisament répandu sur ma passion pour Dylan et ce film qui tente et réussit à décrire la complexité d’un artiste, d’une personnalité, d’une époque à travers un génie de l’Art du XXeme siècle. Au-delà de toutes ses autres qualités, une merveilleuse lettre d’amour à la passionnante difficulté à comprendre l’être.

1 – La Graine et le Mulet

Je n’en ai pas encore parlé, mais mon petit doigt m’avait bien dit que ce serait énorme. Il s’agit de ce genre de films, qui arrivent très rarement (le dernier c’était Rois et Reine de Desplechin en 2004), mais qui quand ils sont là vous rendent fiers d’habiter la France. Et croyez-moi me rendre fier d’y habiter, vu mon passif, et la période que nous sommes en train de traverser, c’est pas une mince affaire. Kechiche, c’est tout simplement le meilleur réalisateur français actuel. Tout dans son cinéma transpire l’equilibre. Un film d’une simplicité si bouleversante, qu’il en devient incroyable. Chaque scène est dense, chaque seconde transpire le réalisme et le romanesque. Un cinéma qui ne renie pas ses origines, emprunte au néo-réalisme (la mobilette, remake du Voleur de Bicyclette), au cinéma des années 30 (l’Utopie made in La Belle Equipe) et a la construction d’un authentique blockbuster : l’etouffante construction en spirale, le suspense à couper le souffle, l’importance du destin, du hasard, et cette sensualité, cet erotisme de tous les instants. A voir en boucle, jusqu’à la fin de sa vie.

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décembre 23, 2007

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 10

I’m Not There

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 Nous sommes le 23 decembre. Dans deux jours c’est Noël. Mais ce n’est pas le sujet. J’ai vu I’m not There de Todd Haynes, le jour de sa sortie le 5 decembre. Si mes cours de mathématique en secondaire n’ont pas été totalement inutiles, 18 jours se sont ecoulées entre le visionnage premier (car je l’ai vu deux fois) et la critique.

Critique importante s’il en est. Car pour l’instant, I’m not There est le meilleur film que j’ai pu voir cette année. Je n’ai pas encore pu voir la Graine et le Mulet, le Emmanuel Mouret n’a pas encore eu la chance de passer sous mon regard affuté mais bon public, mais dieu sait si j’ai du respect pour Valeria Bruni-Tedeschi (peut-être moins pour sa trainée de soeur…), je ne pense pas que son film Actrices reussira à suplanter dans mon esprit et dans mon coeur, la claque formelle et emtionnelle qu’incarne pour moi the best movie of the year, I’m Not There.

Je l’ai attendu ce film… Grand fan de Bob Dylan, je trepignais d’impatience à l’idée de découvrir les grandes etapes de la legende Dylanienne revue et remachée par l’excellent faiseur postmoderne et indépendant Todd Haynes. Le concept, culotté et original, ne vous est plus inconnu. 6 acteurs differents incarnent le troubadour, selon les differentes étapes de sa vie, ou surtout (et c’est là que c’est fort) selon les differentes étapes de son évolution artistique, peut-être la plus passionnante qui soit. Total reflet de son époque et de son pays, Dylan c’est tous les paradoxes du monstre Américain. Tout y est abordé.

La légende archivée, contestataire violent et provocateur endiablé. Par Christian Bale.

L’enfance rêvée en jeune bluesman noir en voyage sur les trains de marchandise. Par Carl Marcus Franklin.

Le poête dandy et désinvolte, homonyme du modèle incontestable Arthur Rimbaud. Par Ben Winshaw.

 La star irrespectueuse, à la tête enflée, animé par une haine farouche envers les incursions dans sa vie privée. Par Heath Ledger.

 Le Cow-Boy en cavale, se réfugiant dans un fantasme américain dont Billy the Kid est la principale incarnation. Par Richard Gere.

 Le chretien fervent à la limite du fanatisme, vers la fin des années 70. Encore par Christian Bale.

Et surtout… La rock star perturbée, pharmacie ambulante, dont le passage à l’electrique provoque indignation et incomprehension. Par Cate Blanchett.

 Si le film brille, ce n’est pas par son concept en lui-même. C’est plutot par les extensions de ce concept. Les potentialités pleinement employées de cette idée, qui permet de dresser un tableau brillant, chamaré et bordelique d’une Amerique en permanence en proie aux doutes, obsédée par la redemption, insaisissable, insatiable.

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Dylan, et ça Haynes l’a très bien comprit, est plus qu’une légende. C’est un parfum, un gaz qui enveloppe toute une époque (l’eternelle desillusion du passage des années 60 à 70) en se nourissant du passé, tout en préfigurant en permanence le futur. C’est surtout une personnalité mythologique, qui finalement existe plus dans l’inconscient collectif que physiquement (combien de fois n’ai-je pas entendu “il est mort, Bob Dylan?”) et qui n’a pas eu besoin de passer l’arme à gauche par en arriver à ce degré de renommée, d’habitude reservé aux martyrs de la culture populaire, de Marylin à Kurt Cobain…

Haynes, dont l’intelligence à parler de son pays par le biais de citations aussi pertinentes que de bon gout n’est plus à prouver, élabore ici un très intéressant travaille de correspondance entre les époques. Quand je dis “époque”, je ferais mieux de parler de “dimensions” tant chaque avatar de la star différe des autres. La richesse de l’oeuvre réside dans ces correspondances… Ainsi, pour exemple Pat Garret, le sheriff, est joué par le journaliste guindé et accusateur du segment dedié à Cate Blanchett. Ces deux figures incarnent la relation de Dylan vis-à-vis de l’Establishment, relation compliquée s’il en est (l’analogie avec l’amitié entre Garret et le Kid n’en est que plus brillante). Aussi, le fait que le prophète gauchiste de la premiere moitié des 60’s et le prophète religieux de la fin des 70’s soit incarnée par le même acteur (Christian Balle, toujours habité) illustre ce glissement dangereux entre les bonnes intentions et le fanatisme qui a toujours flotté au dessus de la bannière étoilée…

Le film est pourtant incroyablement respectueux en ce qui concerne les details. C’est vraiment le film d’un fan de Dylan, qui ne cherche en aucun cas à plaquer sur ecran les faits, mais la version des faits dont béneficie le public, cette légende dense et fascinante qui n’a souvent pas grand chose à voir avec la réalité. Pour un Dylanien pur et dur, le film est donc un regal. Le suitcase du jeune noir Woody, arbore la fameuse maxime “this machine kills fascists”. Le personnage de Charlotte Gainsbourg compile brillament deux femmes importantes dans l’existence du poète, Suze, premier grand amour, artiste-peintre qui a joué un role importante dans la culture européenne de Dylan, et Sarah, la femme, la mère de ses enfants. Le segment de Christian Bale respecte à la lettre les images d’archive les plus connues, et remet en scène les interviews de Scorsese pour le documentaire No Direction Home. Et le segment de Cate Blanchett nous rejoue la fameuse tournée anglaise de 1965, filmée integralement par Pennebaker pour le maitre-étalon du documentaire rock Don’t Look Back. Petit à petit, le film se détache de ces traces gravées dans le marbre pour se réapproprier le materiau et l’emmener sur des routes plus passionnantes, habitées, sinueuses, du délire fellinien au western crepusculaire, en passant par la romance Godardienne. Film musical, mais film cinéphile aussi…

Et la musique bien sur… Je parlais il n’y a pas si longtemps avec des amis du raisonnablement réussi biopic du chanteur de Joy Division, Control par Anto Corbijn. La vie de Ian Curtis y était montrée sans pathos, avec indépendance et intelligence. Mais la musique n’y occupait pas une place assez importante à leur gout. Les quelques scènes de concert étaient brillantes mais la démarche créatrice était passée à la trappe. C’est souvent ce qui intéresse quand on aime un artiste. Le “Comment ça marche?” de la création…. Il est déja difficile de supputer comment un Ian Curtis qui n’a fait que deux albums a pu écrire ses remarquables petites mélopées post-punk. Il est d’autant plus impossible de comprendre comment Dylan a pu gérer ce flot créatif inouï, cette marée devastatrice d’influences, la mise au point de ce phrasé si particulier, cette ampleur inédite matinée d’absurde, ces contes modernes et baroques lisibles à tous les niveaux possibles et imaginables. Beaucoup ont essayé, aucun n’y est arrivé.

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Et d’une manière un poil detournée, le film intègre brillament cette merveilleuse et impenetrable musique à son récit. J’en prendrai pour exemple, probablement la scène la plus remarquable du film, qui relève le difficile pari d’illustre visuellement un des sommets de Dylan, “Ballad of a Thin Man”. Comme le dit si bien son meilleur biographe, François Bon, “Ballad of a Thin Man, depuis 40 ans, c’est la chanson qui fait peur…”. Dans ce morceau d’anthologie, Bobby conte sur fond de piano menaçant, la chute des repères Kafkaïenne d’un personnage desesperement anonyme, Mr. Jones. Ce dernier y croise son double nu qui le pointe du doigt et se retrouve metamorphosé en freaks moqué et humilié. Dans le film, le personnage de Jude (Cate Blanchett) interprete la chanson sur scène et à la manière d’un clip, Haynes met en scène les paroles de la chanson, ou le Mr. Jones en question ne serait autre que le journaliste guindé, cité plus haut. Interpretation personnelle du réalisateur. Soudainement, le son et l’image se figent. Et deux membres des Black Panthers (activistes d’extreme gauche noirs américains), analysent la chanson en la réecoutant encore et encore. L’un des deux est persuadé que la chanson parle d’eux, qu’il décrit le malaise américain face à la lutte des droits civiques, que le Mr. Jones c’est le blanc lambda qui doit faire face aux metamorphoses de la société… Inédit dans un biopic, le procédé permet au spectateur d’assimiler l’inssaisissable génie de Dylan, sa capacité jusque là à inegalée à créer des chansons qui veulent tout dire et rien dire à la fois, qui parlent de son époque, sans jamais tomber dans la protestation gratuite et vide, exercice denué d’intelligence artistique et de panache.

Tout le contraire du génie dont ce film prend le risque de ne pas conter l’existence. Haynes prefere mettre en avant, l’image populaire, le cliché. Un des sujets du film c’est cette passionnante relation qui peut exister entre une celebrité et son public. Comment ils peuvent se nourrir l’un l’autre. C’est ici l’art créatif dans ce qu’il a de plus passionnant. On ne raconte pas Dylan, on l’interprete, le façonne, joue avec. On le contraint à se regarder lui-même, à le transporter de décors familiers en fantasmes cinéphiles. Tel un chimiste amateur, on regarde ce que ça donne, s’en amuse et on constate qu’un sens profond s’en echappe. Que comme toutes les grandes chansons, on peut les emmener n’importe ou. Ca marche toujours aussi bien. Car le génie ne réside pas dans la manière de faire, mais dans l’esprit avec laquelle on fait les choses.

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I’m Not There, c’est génial aussi parce que c’est un film qui croit en la richesse et en la complexité humaine. Qui croit qu’une personne, une seule, ça peut-être passionnant et multiple.

I’m Not There, c’est aussi génial parce que c’est magnifiquement interprété, parce que Cate Blanchett est vraiment trop forte et que les répliques cultes sonnent vraiment génial dans sa jolie petite bouche.

I’m Not There, c’est génial parce que c’est triste, psychédelique, lent, effrené, melancolique, fou, lyrique, réaliste, drole et bouleversant. C’est tout ça à la fois, alors courez-y…! Best film of the Year

décembre 4, 2007

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 9

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 11:35

 

L’Homme sans Age 

On commence avec le dernier Coppola, le plus frais dans mon esprit, car je viens finalement de le voir, plutôt en retard par rapport à ses multiples défenseurs et detracteurs. Après 10 ans d’absence, le maitre du Nouvel Hollywood revient avec un film veneneux, étrange et fascinant, une oeuvre auto-produite loin des studios américains, car tournée integralement en Europe et plus généralement en Roumanie.

Le film est l’adaptation d’une nouvelle d’un chercheur et ecrivain roumain Mircea Eliade, fortement influencé par l’etude et l’Histoire des langues et la philosophie bouddhiste, deux élèments que l’on retrouve dans l’oeuvre de Coppola. On retrouve aussi la fascination du réalisateur pour le baroque exacerbé (pleonasme?) ou les techniques cinématographiques experimentales. Le tout saupoudré d’une bouleversante reflexion sur son Art et sa carrière. Dominique Mattei est un vieux professeur d’université, à jamais marqué par un amour disparu et par la somme gigantesque d’un travail auquel il a consacré sa vie, et qu’il n’a jamais pu finir. Alors qu’il est sur le point de mettre fin à ses jours, il est frappé par la foudre. Après avoir miraculeusement survécu, il se réveille quelques semaines plus tard doté de pouvoirs cerebraux décuplés et d’un corps preservé des ravages du temps. Le film suivra son parcours dans une Europe tantot dechirée par la menace nazie, tantot paralysée par la menace nucléaire.

Dans un premier temps, le film est esthetiquement admirable. Coppola se sert de tous les outils à sa disposition, pour mettre au point une oeuvre à la fois ludique et déstabilisante. Il est toujours plaisant de voir un auteur s’amuser autant avec son medium artistique. Coppola explore ici avec jubilation les figures du miroirs et du reflet : aussi bien litteralement (la scène ou Veronica découvre les “metamorphoses” de son visage par exemple) que figuralement (le film fourmille de plans renversés, de surimpressions…). L’ensemble débouche sur une reflexion remarquable sur l’Art cinématographique, sur ce qui sépare la réalité cinématographique et la realité diégétique. Pas une seule scène sans une trouvaille de mise en scène excitante. Comme tous ces merveilleux trucages qui évoquent le temps des pionniers et l’ingéniosité de Meliès (l’apparition des Roses). Ou ce jeu permanent avec les filtres, les couleurs. Les scènes de nuit, merveilleuses, enivrantes, ont cette teinte fragile et dense des films muets des années 10 et 20, à l’epoque ou on tentait souvent de colorer l’image à l’aide de filtres. Ce que certains décriront comme du mauvais gout (les mêmes detracteurs qu’à l’epoque de Dracula…), n’est en fait qu’une merveilleux jeu de piste sur l’histoire du cinéma et sur la representation du XXeme siècle à l’écran.

Au-delà du simple constat de beauté esthetique, le film aborde des thématiques fortes qui ont marquées durablement l’inconscient collectif. Réutilisation brillante de l’ultra-rebattu mythe de Dorian Gray. Un personnage schyzophréne, sujet qui n’a cessé de titiller le fantastique anglo-saxon à partir du XIX ème siècle, de Stevenson à Tolkien. Ou encore la réincarnation, effleuré ici de manière suffisament subtile et intelligente pour ne pas tomber dans le grand-guignol. C’est une fable en somme, qui ne saute jamais totalement le pas jusqu’à la grande Histoire, ne cessant de repandre sa divine mélancolie et sa tension pérmanente. Car oui, dans un certain sens, l’Homme sans Age est assez effrayant. Les scènes de possession notamment, ou ces inquiétantes et remarquables scènes de dualités, qui confirment à elle-seules le pouvoir de la mise en scène du maitre, capable encore de mettre en scène grace à des artifices vieux comme le monde (enfin… comme le cinéma) de purs moments de tension cinématographiques.

Le sujet profond du film réside dans cette incapacité à traduire l’Histoire, à comprendre une évolution trop importante pour nous. C’est ce sentiment de solitude, d’incapacité qui enveloppe l’integralité du métrage. Cette frustration est ancrée au plus profond de la destinée humaine, Mattei qui bénéficie d’une intelligence incomparable et d’un corps protégé des affres du temps, ne parvient à aucun moment à obtenir satisfaction. De façon très idiote, ça me rappelle un peu Docteur Who. Vous savez, cet inoxydable feuilleton britannique dans laquelle un dejanté docteur est eternellement condamné à voyager d’époques en dimensions parrallèles. Tout comme le Docteur Who (ça c’est de la comparaison…), Mattei voyage dans les époques comme coincé dans des époques succéssives auxquelles il n’appartient pas. Il traverse les situations, en y échappant constamment et sans la moindre satisfaction. C’est ce terrible constat que Coppola insuffle à son oeuvre, le constat d’une carrière passionnante mais inégale, une carrière menée par un être constamment insatisfait, débordant d’idées et toujours en guerre contre le diktat Hollywoodien. Le temps, Coppola en manque. Il n’en a jamais eu et n’en aura surement jamais pour réaliser son arlesienne Megalopolis aux ambitions débordantes. C’est la tragédie d’un être surdoué et incroyablement cultivé qui n’arrive que trop rarement à donner forme à ses aspirations…

Lions et Agneaux

Pas grand chose à dire sur un film ni mauvais ni bon, excepté une petite reflexion sur les motivations qu’on peut avoir pour réaliser un film. Redford n’est pas un immense réalisateur, mais qualitativement ici, ça chute sévère. Non pas que ce soit mal joué (tous les acteurs au top), le scénario n’est pas mal écrit (je suis toujours friant du genre purement théatral, mettant ainsi en valeur d’intenses numéros d’acteur et de dialoguistes). C’est juste que le film dit ce qu’il a à dire et c’est tout. Le plutôt remarquable Dans la Vallée d’Elah, allait plus loin sur le thème de la Guerre en Irak. On avait une bonne petite interrogation sur l’inconscient collectif américain, et un scénario taillé au scalpel par un des specalistes hollywoodiens actuels. La Redford expose platement les tenants et les aboutissants de son histoire, alternant l’interview d’un néo-conversateur aux dents longues (Tom Cruise) par une excellente journaliste gauchiste à qui on ne la fait pas (Meryl Streep), la discussion entre un prof d’université idealiste (Redford) et son élève brillant mais cynique (Andrew Garfield), et les aventures Afghanes de deux soldats en facheuse posture incarnés par les très quotas Derek Luke et Michael Pena, victime attitrée de la politique de Bush dans pas mal de films américains. Un scénario classique pour un film court et sans grande ampleur.

Tout ça, c’est bien sympa mais, pour plus de recul, essayons de résumer le plus exhaustivement possible le message du film :

- Il n’y a pas d’armes de destruction massive en Irak

- les Néo-conservateurs sont des gros cons de capitalistes qui meprisent les classes sociales les plus defavorisées

- Les Americains feraient mieux de se bouger le cul et de faire des manifs un peu plus souvent.

Comment ne pas être d’accord… Mais n’est-ce pas un peu léger?

La Nuit nous Appartient

Le morceau de bravoure du mois de Novembre, surement un des tout meilleurs films de l’année? (Mon ami, Joe Pesci, m’encouragerait volontiers à aller encore plus loin dans l’hyperbole, pour une fois). Pour attaquer ce monstre de cinéma qu’est We Own the Night de James Gray, TRES honteusement boudé par le palmares de Cannes cette année, il faut bien trouver un angle d’attaque et le voici :

La Nuit nous Appartient est un film tellement simple qu’il en est surprenant. Le mot peut paraître idiot, mais c’est pourtant toute la verité tellement nos yeux de cinéphiles des années 2000 ne sont plus, et depuis longtemps, habitués à une telle maitrise scénaristique, à une telle puissance cinématographique et surtout, à une telle universalité. C’est intéressant à remarquer, car aujourd’hui à peu près tous les films parlent d’un évènement précis, veulent dénoncer la misère sociale de telle époque, de telle façon qu’elle puisse rentrer en parfaite harmonie avec la notre. Ou alors, inversement, un contexte social est determiné, comme choisi par défaut (disons, un très courant, Paris, Années 2000, classe aisée), puis laissé plus ou moins de coté, sans jamais vouloir tout à fait toucher à de grands sujets, humains et intemporels, qui vont bien au-delà des contingences de l’Histoire.

Et c’est pour ça que des films comme La Nuit nous Appartient, on est plus vraiment habitué. C’est un cauchemar pour l’analyse dans le fond… Car j’ai beau retourner le sujet aux quatre coins de mon petit crane, je n’arrive pas à trouver un autre degré à ce film que cette pure et simple variation sur le thème du poids de l’héredité. Le meilleur parti pris de James Gray, c’est de ne quasiment jamais ancrer son film dans son époque (New-York, 1988). Si il n’y avait pas Blondie et les Clashs sur la bande-son, on ne pourrait pas déterminer l’espace-temps du film, et ça ne nuirait en aucun cas à la puissance du tout.

Ce n’est définitivement pas un film qu’on puisse detester. Tout est génial. L’intérpreation atteint des niveaux pharamineux : Mark Whalberg, tout en frustration et interorité, ne cesse de confirmer tout le bien que Joe Pesci et moi pensons de lui depuis Les Infiltrés. Robert Duvall incarne un père policier émouvant, attachant et crédible, pur représentant de cet Hollywood des années 70 dont le réalisateur est si friand. Eva Mendes est ce qu’on a vu de plus sexy et attachant cette année sur un ecran de cinéma. Quant à Joaquim Phoenix… Ahhh… Joaquim Phoenix, il porte littéralement le film sur ses épaules, tout comme ces monstrueux poids hereditaires et sentimentaux, qui font de lui un merveilleux et important interprete de sa génération.

La mise en scène a la puissance d’une marche funèbre, et trouve son apogée dans deux purs instants de grace noire : la visite du laboratoire clandestin (entre film de vampires et Dark Vador chez les mafieux russes) et la poursuite en voiture, qui associe avec une intelligence rare l’économie de budget et le spectaculaire (guettez bien le travail du son sur cette scène). La Nuit nous Appartient à cette etoffe des grands films, ces monuments qui imposent leur vision sans jamais amener le spectateur à s’interroger sur le bien-fondé de tel ou tel choix.

Le scénario, en lui-même, mérite une sacrée dose d’éloges tellement on avait pas vu cette ampleur et cette ambition dans un film américain depuis les premiers Scorsese ou Coppola. Un polar noir et imposant, empruntant autant à la Bible qu’à Sophocle, qui a le culot de ne pas retranscrire une Tragedie Grecque à l’époque moderne, mais tout simplement de faire une Tragédie Grecque. Concision, universalité et maitrise sont les atouts-maitres d’une oeuvre qui aurait définitivement fait une grande Palme d’Or.

novembre 29, 2007

Studio 60 on the Sunset Strip

Classé dans : Séries TV — legolasda @ 8:10

La télévision est un Art bien cruel. Un film, qu’il marche ou pas, a le mérite d’exister, quoi qu’il arrive. Une série, faite pour évoluer sur la durée, créant à tour de bras des personnages attachants modelés pour être chéris par une cohorte de fidèles aguéris, est constamment sur le fil du rasoir. Celui de l’audience. Studio 60 on the Sunset Strip, une des meilleures séries ayant emmergé d’un network hertzien américain ces dernières années, en a fait les frais. Ironiquement, la lutte constante entre Art, Morale et Economie, c’est tout le sujet de la série. Ce qui la rend jouissive, bouleversante, anticonsensuelle et inoubliable.

C’était la saison 2006 – 2007, Aaron Sorkin, l’auréolé créateur d’A la Maison Blanche, met au point le pilote d’une série narrant l’élaboration d’un mythique (mais fictif) show à la Saturday Night Live, sur un Network Américain (fictif lui aussi) NBS. Tous les élèments qui ont fait la gloire de cette grande série qu’est A La Maison Blanche sont ici réunis : une appelation soap de luxe, des personnages attachants. Et surtout ce délicieux optimisme, ce parti-pris consistant à traiter de façon totalement réaliste les grandes institutions américains tout en les fantasmant, dans une démarche proche de celle d’un Capra exalté et nourri de pop-culture.

Le pilote, bien que brillant, n’est pas à la hauteur du reste de la saison qui brille par son rythme constant, cet humour brillant, sophistiqué et élegant. On sent la passion de Sorkin, mais à aucun moment il ne semble croire qu’à partir de telles bases naîtra une série. Il s’est battu pour l’imposer, au final. A tel point, qu’il ne put rien faire pour continuer à l’imposer face à des audiences définitivement trop catastrophiques. Il faut dire que ça commence très fort : le producteur et directeur artistique du show pête littéralement un plomb face au refus des censeurs de le laisser diffuser un sketch critiquant fortement le lobby chrétien américain. Il interrompt l’émission et face caméra se lance dans un monologue éxpliquant au spectateur la débilité constante de la télévision américaine, le lavage de cervaux que l’institution représente. Il sera bien sur immédiatement viré.

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Ce coup d’éclat coïncide avec l’arrivée à la tête de la section divertissement de la chaine d’une jeune et intelligente femme d’affaire : Jordan McDeere (Amanda Peet, qui prouve ici l’étendu de son talent, ce que le cinéma n’avait jamais réussi à faire). Pour reprendre la tête du Studio 60, programme phare de la chaine, elle convaint deux anciennes stars du show, Matt Albie, scénariste en chef (Matthew Perrie) et Danny Tripp, producteur éxecutif (Bradley Whitford), amis et complices de longue date.

Studio 60, c’est tout l’art de Sorkin dpour créer des espace-temps de pur rêve au sein duquel des personnages idéalistes, faillibles mais talentueux, arrivent à s’insérer dans les arcanes les plus fermées et influentes du pouvoir américain.

Il en nait un grand plaisir, comme on en voit rarement à la télévision. Un plaisir intellectuel et émotionnel du à un sens de la mélancolie de l’instant tout simplement bouleversant. C’est le meilleur du soap, et ça ne bascule jamais totalement dans le soap. Ni totalement dans la caricaturisation. Ni totalement dans la satire pure et dure. En cet ère de cynisme, le showbiz (Hollywood spécialement) parvient à redevenir bandant à partir du moment ou il concède à éxposer ses failles et à avouer que ses avatars, ses talents sont des gens comme les autres. Avec des envies, des idéaux, des désirs frustrés.

La série fourmille de grands moments : de la beauté pure, comme quand la musique des invités musicaux de l’émission (fictive) vient servir les intrigues internes aux coulisses de l’émission, comme la conflictuelle mais passionnante relation amoureuse entre le personnage de Perry et l’actrice star du show (délicieuse Sarah Paulson). Rarement les liens entre création artistique et histoire personnelle n’ont été aussi bien traité que dans le petit chef-d’oeuvre de Sorkin. Mais cette émotion n’est jamais dissociée du merveilleux message politique qui sous-tend l’ensemble : Cette bataille pérmanente entre les deux versants de l’industrie audiovisuelle, l’Art et l’Economie. Il faut voir la brillante Jordan imposer à sa chaine l’achat d’une intelectuelle série sur l’ONU, logiquement destinée à la reputée chaine du cable HBO, malgré la désapprobation générale de ses patrons (mettons nous à leur place… C’est comme si TF1 passait du Michael Moore en prime time le samedi soir). Il faut voir aussi le merveilleux personnage de Whitford se débattre constamment (et le plus souvent avec succès) pour imposer les choix de la brillante équipe qui tente tous les vendredi soirs de livre un show à la fois divertissant, intelligent et respectueux du public.

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On comprend, dans un sens, l’insuccès de la série. Studio 60, en gros, ça raconte l’histoire de gens brillants, intelligents, talentueux, généreux et cultivés qui débitent des dialogues référencés à l’extreme (ça va de Strindberg à Oprah Winfrey, c’est dire) en marchant plus vite que dans les couloirs d’Urgences, tout en se posant continuellement des questions ethiques, politiques et sentimentales. L’avalanche de guests n’y fera rien (Felicity Huffman et Masi Oka, venant avec un très grand plaisir faire une petite promo pour leurs shows respectifs, Desperate Housewives et Heroes), le spectateur moyen zappera au bout de 5 minutes, à la recherche d’une de ces productions de télé réalités que Jordan McDeere, dans la sérié, combat avec tant de détermination. Comble du mauvais gout, la série prend vite fait un tour sévèrement anti-Bush, ne se contentant pas de critiquer la guerre en Irak, mais aussi le patriotisme aveugle qui animait toutes les classes sociales américaines le lendemain du 11 septembre.

Pourtant, on a pas affaire à une oeuvre inaccessible. C’est drole, spirituel, sexy et bouleversant. Les acteurs sont géniaux, les scripts incroyablement bien écrits. Et l’impression de vraiment intégrer les coulisses d’un show à succès saisissante (Le travail sur la lumière, tout en surexpositions et contre-jours, fait beaucoup à cette impression d’elegance teinté de paillettes). Il est ironique, mais finalement logique que Studio 60 tombe la faute à un système qu’il essaye en partie de dénoncer. Il est par contre injuste que cette merveille soit passée inapperçue au sein d’un paysage télévisuel qu’elle tente avec idéalisme et pragmatisme d’améliorer. Cette série réconcillie avec la télévision. C’est un hommage à ce monde de rêve, basé sur la fidelisation et l’attachement. Un outil qui, si il était utilisé à bon escient, pourrait être un merveilleux moyen de solidification sociale, une source d’intelligence, un exercice à l’esprit critique.

novembre 27, 2007

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 8

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Faut que ça danse! de Noémie Lvovski

Titre mensonger pour comédie intéressante sur le traumatise d’Auschwitz. Les meilleures scènes découlent de cet aspect : un hilarant assassinat d’Hitler ou une sobre visite au musée de la déportation. L’aspect chronique familliale tient moins le cap, malgré notre tresor national Jean-Pierre Marielle ou la prestation de Bulle Ogier. Sabine Azema fait sa Sabine Azema (ce qui lui réussit toujours) et Valeria Bruni-Tedeschi égale à elle-même et à son jeu habituel.  C’est pas vraiment un cinéma qui me botte. On était plus en droit de préférer les Sentiments, son premier film. C’est du cinéma un poil trop Femisard et prétentieux pour moi je dois l’admettre.

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Darling de Christine Carrière

La réalisatrice maitrise parfaitement son sujet, arrive à parler de la France profonde avec gravité et drédibilité tout en évitant l’ecueuil de la caricaturisation, ce qui n’était pas facile avec une telle histoire (une femme martyr subissant tour à tour les coups de son père puis de son mari). Le tout grace à l’intérpretation tout en finesse de Marina Foïs et d’une simple volonté de conter, de réciter, indépendament d’eventuelles ambitions sociologiques. Ce que le film réussit avec un relatif brio et un sens de l’émotion admirable.

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 American Gangster de Ridley Scott

Je hais Ridley Scott. Le premier Alien n’a jamais été mon préféré. J’ai toujours trouvé Blade Runner chiant et daté. Et Gladiator merite sans hésitation le titre de film le plus surestimé de ces dix dernières années. Alors, faut me comprendre. J’ai du me battre contre toute mon hypocrisie et ma mauvaise foi, pour concéder que la bande-annonce de son nouveau film  donnait envie de prendre son billet pour une séance. Il faut préciser que j’avais aimé Kingdom of Heaven et que quand il s’y met et qu’il reste à sa place d’honnete faiseur, Ridley Scott peut produire un cinéma tout à fait respectable, voire très bon. Ce qui est attirant dans le projet de Scott, mis à part son casting, c’est cette envie de traiter le film de gangster 70’s à la lumière du contexte social américain de l’époque, ce que les Coppola et Scorsese n’avaient jamais eu l’occasion de faire à l’époque, manque de recul. Prétention historique tout à fait justifiable. C’est une Amérique en lutte avec ses valeurs et sa morale à laquelle s’interesse Scott. Il peut même se déssiner, comme me l’a si bien fait remarqué Joe Pesci (j’ajoute donc un copyright), des thèmes réccurrents au sein de l’oeuvre du réalisateur : une fascination pour les dichotomies du Bien et du Mal, de l’ordre et du hors la loi.

Avec ça, un certain esprit boyscout, naïf. Ce qui fait toujours l’originalité du cinéma de Scott, c’est le happy end. Pas un happy-end purement hollywoodien, plutôt une juste récompense pour des personnages qui bourlinguent beaucoup et en chient pendant tout le film. Dans un film plus péssimiste (donc un film “normal”…) le héros idéaliste se heurterait au roc de  l’institution, de la corruption, d’enjeux tellement disproportionnés qu’ils le renvoient à son condition de petit mortel. Ici, l’aspect réaliste et historique ne transige en aucun cas avec l’idealisme de Scott et de sa croyance en une justice des hommes efficace.

Autre aspect intéressant, l’influence totalement assumé des series américaines. On retrouve les notions de famille et les relations entre familles des Soprano. Et la bande de policiers bras cassé incorruptibles de The Wire. Donc les séries américaines qui se seraient nourries du cinéma serait en train de renvoyer la pareille. American Gangster béneficie de la même ambition que les shows précités. Il bénéficie aussi d’un solide savoir faire, d’un excellent casting et d’une approche historique du film de gangster qui apporte une plus value non négligeable à une oeuvre définitivement politique et decidée à dénoncer la complexité morale et éthique de la première démocratie du monde.

novembre 22, 2007

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Classé dans : Musique — legolasda @ 4:05

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