Legolasda’s Weblog

novembre 19, 2007

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 7

Après une petite absence et un retard critique qui va etre difficile (mais pas impossible) à surmonter, me voici de retour avec deux films tout à fait défendables à mon sens. Le premier fait l’unanimité, le second un peu moins, mais j’ai tout de même envie de le mettre en valeur tant je trouve que le metteur en scène un question a fait un saut qualitatif non négligeable avec ce second film.

Mais chaque chose en son temps : le premier film, Les Promesses de l’Ombre, le tant attendu et acclamé nouveau film de David Cronenberg.

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Anecdote : alors que je me rends a la seance de 20h dans mon cinéma préféré (je ne le citerai pas tant l’imposante affluence dont ce blog est victime me fait redouter une avalanche de fans et d’admirateurs sur mes trajets parisiens quotidiens), qui vois-je juste devant moi? Yvan Attal et… et… et… Charlotte Gainsbourg. Loin de moi l’idée de vouloir me méler de la vie privée d’artistes que je trouve tout à fait respectables et intègres, cette petite connection, si petite soit-elle, avec le monde du spectacle a déclenché chez moi un vertigineux sentiment de mise en abyme Cronenbergienne. Etais je réellement en train de voir un film non loin de personnages si frequemments presents sur ces memes ecrans? J’ai eu peur, mesdames et messieurs, très peur, que mon ami Yvan se mette à plonger dans l’ecran tel le James Wood de Videodrome. J’aurais tellement aimé qu’il m’emmene avec lui à l’instar d’une Mia Farrow emerveillée transportée de l’autre coté de la toile cinématographique par un Jeff Daniels romanesque dans la Rose Poulrpre du Caire de Woody Allen. Que de reveries… J’étais en excellentes circonstances pour entrer une nouvelle fois dans le fascinant univers du canadien, que j’admire depuis de nombreuses années…

Spoilers…

Le dyptique History-Promesses opère un virage dans la carrière de Cronenberg. C’est indubitable. Alors que les critiques s’échinent en ce moment même à leur trouver des points communs justifiant le génie du réalisateur, il serait plus pértinent d’affirmer que peut-être a-t-il atteint sa légendaire période de maturité tatinée d’une petite teinte post-moderniste non négligeable. Je m’explique. Fini le temps des métaphores rocambolesques et renversantes types Existenz ou La Mouche. David ne se réapproprie plus les genres (SF pour la Mouche par exemple), il les assimile. Il fait des films de serie B mais pour lui-même et sans aucune pression des studios. Curieuse tendance… Ici, le film de gangster. Des differences tout de même : la pègre russe londonienne qui n’incarne non plus un genre en soi, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais des figures recurrentes : la tendance à la tragédie grecque qui n’est pas sans évoquer Coppola, la restaurant, le personnage du chauffeur. Ce que Cronenberg elude ce sont les activités mafieuses. Pas de trafic, ni de jeux de cartes, on ne voit pas vraiment de drogues, une scene de prostitué mais jamais vraiment une fascination pour ce qui est hors la loi. Cronenberg s’interesse aux personnages, leur integrité, leurs rites, leurs espoirs et leurs désillusions. On est proche de Dostoïevski, autant que de Sophocle.

Comme dans tout bon Cronenberg : un corps. Viggo. Parfait. On va pas revenir là dessus, les innombrales editoriaux d’une presse française envoutée s’y sont déjà attelé avec la fascination que le personnage autant que l’acteur exercent et meritent. Ce qu’on ne dit pas, par peur de spoiler, c’est que le protagoniste jouit d’une complexité tout à fait etudiée et interessante. Agent double, il incarne cette tendance au trouble qui agite le film tout entier, cette fascination pour le Mal on ne peut plus vicieuse qui s’infiltre en chacun et qui réunit les destinées.

Une scène : Pour récuperer les effets personnels d’un corps mort trop longtemps resté au freezer, Nicolaï utilise un sèche-cheveux. C’est au cours de cette même scène, qu’il éteint sa cigarette à l’aide de sa langue. Plus tard dans le film, l’infirmière jouée par Naomi Watts (remarquable d’ailleurs, comme à son habitude) se coiffe à l’aide de son sèche-cheveux tandis que son oncle russe commence à traduire le journal intime de cette mère de 15 ans morte en donnant la vie. Mise e parrallèle à priori stérile mais représentative de la fascination Cronenbergienne pour le mal associé à la notion de chaleur. Pour Cronenberg, un être qui n’est pas fasciné par le Mal et la mort est un être qui l’est déjà. Un être froid, qu’il faut un tant soit peu réchauffer pour éxhumer ce qui faisait son identité, c’est-à-dire ses péchés. On ne s’étonnera donc pas que la scène centrale du film, qui a su fasciner tant de spectateurs et d’analystes, se déroule dans un hammam, là ou la chaleur des corps est le contexte parfait à la brutalité pure et au dévoilement du Corps impur (Viggo nu comme un ver). Si l’être en tant qu’entité douée de vie s’épanouit dans la chaleur des enfers, le passé de ses pechés s’inscrit. Sur la peau, ou dans un journal. Ou même “dans” les corps (l’agent double Viggo nichant un message pour ses collègues dans un corps sans vie laché dans la Tamise). Tout est ainsi question de traduction. Une croix tatouée sur la poitrine ne signifie pas une quelconque obédiance chrétienne, mais une condition de martyr prêt à souffrir pour sa cause.

Le personnage de Viggo est bel et bien un martyr. Un martyr du bien. Un Christ infiltré noyautant sa famille, souffrant de vouloir répandre ce Bien, aussi bien physiquement (le Hammam) que moralement (l’inquiétant rituel d’introduction).

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Il est un aspect prédominant dans les premières saisons des Sopranos (plus grande série du monde, répétons-le tel un mantra) qu’il est pértinent de mettre en parrallèle avec le film de Cronenberg. Une table remplie d’italo-americains dont fait partie le personnage de la psy incarné par Lorraine Braco, se plaint de la mauvaise image dont souffre sa communauté dans l’opinion publique. Une mauvaise image donnée par les films et par des individus de la trempe de Tony Soprano, leur voisin, chef de la mafia locale. Antagonisme de deux versants d’une communauté : celle parfaitement “integrée”, jouissant d’un rang élevé sur l’echelle sociale, et celle encore coincée par les idéaux et les activités légendaires de redoutables ancetres. Plus tard, la psy Braco subira un viol et sera tentée de demander l’aide à cette némsesis Tony Soprano, incarnant le versant brutal et arriéré de sa communauté d’origine. Naomi Watts, incarnant la réussite “les gens normaux” comme dit Nicolaï, évoque le personnage de Lorraine Braco. Fascinée par cette extension monstrueuse et redoutable de ses origines russes, de cette immigration dont elle est originaire.

Au delà des brillantes considérations sur le Bien et le Mal, Les Promesses de l’Ombre est un film sur l’immigration, tout simplement. Le titre original “Eastern Promises“, “les promesses de l’est” implique un retour aux valeurs traditionnelles du pays d’origine face à une mondialisation-uniformisation galopante des pays d’accueil, des pays occidentaux dits civilisés. Retournement des valeurs, les Promesses de l’Ouest (le rêve américain, la liberté, un départ à zero), se métamorphose en Promesses de l’Est (communautarisme, importance de la famille, etc.). Des promesses moralement inaccetables pour un réalisateur qui se plait à mettre en valeur l’echec du Monde Moderne. Loin des Etats-Unis, Cronenberg traite la Violence de façon plus universelle en choisissant comme terrain de jeu le Londres des années 2000, reputée pour son fliquage permanent et préssentie par nombre d’experts en géo-politiques et scénaristes de Science-Fiction comme la ville mondiale du XXI ème siècle. Le film élargit la vision du précedent, qu’on pourrait à la lumière de celui-ci aisèment rebaptiser “History of American Violence”.

Quant au film en lui-même, il est remarquable, passionnant à décortiquer. Il contient cette tension et cette inquiétante concision qui caracterisent les grands films du maitre.

Un peu moins auteurisant, mais plutôt intéressant dans son genre, Dans la Vallée d’Elah de Paul Haggis, scénariste réputé, dont il s’agit ici du second et plutôt réussi passage à la réalisation, traite avec brio de la Guerre d’Irak, de ses conséquences, et de ce qu’elle révèle de la psyché américaine dans son ensemble.

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Pour commencer, casting remarquable. Tommy Lee Jones, tout en rage rentrée, est le parfait ancien militaire. Susan Sarandon s’accomode parfaitement de son peu de présence à l’ecran. Et Charlize Theron confirme une bonne fois pour toute qu’elle est une actrice qui compte, à quel point ses choix de carrière sont on ne peut plus pértinents.

Que dire du film pour commencer sinon qu’il n’y a absolument aucune comparaison avec le raté (pas mauvais, raté) Collision. Le succès du film m’avait surprit. Je l’avais vu, sans y prêter plus d’attention que ça. Un simili Short Cuts qui bouffe à tous les rateliers, bien écrit certes, mais au message on ne peut plus indigent et vain que “le racisme, c’est pas cool”. De subtilité pourtant, Dans la Vallé d’Elah n’en manque pas. Il dresse avec minutiosité le portrait d’une Amerique malade, dont la pathologie a évolué depuis les grands films contre le Vietnam en forme de cynisme fataliste. C’est l’attitude des personnages face à la violence : le fatalisme. Un peu comme dans le film précédent, il y’a fascination pour la violence. Pas a l’echelle d’une communauté, mais à l’echelle d’un pays tout entier qui ne finit pas considérer la violence que comme une obligation, une portion congrue. Ce n’est pas une fascination bien romanesque mais c’est dans l’air.

Le film en premier lieu a une propension tout à fait remarquable à éviter les écueils. On passe vite sur la partie “deuil des familles”. On ne s’attarde pas trop non plus sur l’aspect enquète criminel. On est pas dans un épisode des Experts, mais plutôt dans un drole de récit qui préfère dépeindre la foudroyante mélancolie qui frappe une base militaire et ses alentours tout en oubliant jamais les impératifs de sa narration. C’est un pur et simple drame que nous livre Haggis. Un rythme tout à fait enivrant régit l’ensemble, en osmose parfaite avec des personnages sans plus aucune conviction, un peu perdu dans des décors trop étriqués pour eux. Je n’ai pas eu la chance d’aller en Amerique ces derniers temps, mais j’aime à croire que la vision d’Haggis n’est pas trop éloignée de la réalité, ou du moins ce qui constitua la verité aux premiers temps de la désillusion générale de la guerre en Irak (à peu près au moment ou ils ont comprit qu’il n’y avait pas d’armes de destructions massives et ou les avions cargos revenaient avec un peu trop de cercueils). En Amerique, tout le monde est un peu déprimé car on commet des crimes sans vraiment s’en rendre compte, parce qu’on tue des gens et qu’on sait que le corps militaire sera derrière pour nous défendre.

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C’est ce paradoxe constant qui est mis en valeur par le personnage de Jones : si il continue à croire aveuglèment en son pays, c’est parce qu’il est difficile pour lui de renier son éducation, sa condition d’ancien militaire. L’atmosphère générale est donc au relachement.

Dans la Vallée d’Elah c’est un peu un film de zombies sans humains pour lutter contre l’invasion. L’atmosphère générale est au je-m’en-foutisme, un meurtre n’a plus autant d’importance puisque de toute manière si ce n’était pas lui, ç’en aurait été un autre. Il y’a ici donc floutage des valeurs, pas tout à fait renversement, car la guerre en Irak semble être de ces circonstances qui ont tendance à réveler ce que la psyché d’un pays cache profondèment en temps normal. C’est donc un drame Eastwoodien delicieusement dépressif auquel nous avons affaire. Pas un chef-d’oeuvre (il n’y a pas que ça non plus), mais un film honorée par sa pudeur, sa sensibilité et son talent pour mettre en valeur les monstruosités d’une nation qui continue à se fantasmer en David sauvant la veuve et l’orphelin de l’affreux Goliath.

Seule erreur du film : une scène de fin trop démonstrative. Comprendront ceux qui ont vu.

novembre 12, 2007

Critiques d’une nuit d’insomnie

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 4:52

Insomnie, c’est peut-être un bien grand mot. Mais bon, le fait est que je n’arrive pas à dormir. J’en ai conclu que, vu qeu ‘jai cours dans moins de quatre heures, il serait plus judicieux de ne pas céder aux sirènes de ma couette, et de ma cabane (oui parce que je me suis construit une cabane avec mes deux matelats en utilisant mes deux chaises commes poteaux, quand je mets ma tete sur mon mantelas, ma tete est à quelques centimetres de l’autre matelas, ça me rappelle mon enfance…) et de m’occuper comme je peux le faire. J’avais le choix : continuer à regarder Scrubs, mais mauvais coté ; il ne me reste que deux episodes et je n’aurais pas la saison suivante avant deux jours. Regarder une autre série, mais j’essaye de faire un break en ce moment, pour en garder sous le coude quand je devrai dire définitivement adieu à JD, Cox et au concierge. Je pouvais lire aussi, mais pas envie… Je suis donc là, à faire ce que je fais de façon si prétentieuse mais avec tant de coeur à l’ouvrage : écrire des articles supposés intelligents en écoutant Michel Delpech. Celà dit, il est bon de préciser que malgré tout l’amour que j’éprouve pour cet immense songwriter français, je n’écoute pas Michel Delpech à chaque fois que j’écris, j’aime bien varier quand meme…

L’étrange et enivrante mélodie de “Et Paul chantait Yesterday” se déverse goulument le long de mon conduit auditif, quand je décide à cet instant présent, quasi exactement contemporain à l’écriture de parler de mon premier film de la soirée : Fous d’Irene. Mon cher Joe Pesci a eu la gentillesse de me le passer pour que je puisse me rafraichir la mémoire. Grand fan de ces chers Farrelly, il se trouve que je n’ai pu voir leurs oeuvres fondatrices (Dumb…, Mary et donc Irene…) depuis quelques années beaucoup trop longues. Il est surtout judicieux de revoir ces films en 2007, quand je m’épanche à longueur de lignes virtuelles sur le talent de Judd Apatow en oubliant bien ingratement que les Brothers sont les premiers à avoir si merveilleusement infiltré dans le monde du cinéma d’auteur la comédie grasse, post-moderne et irreverencieuse. Voir ces films nous rappelle aussi, que déjà à l’epoque les Brothers (oui j’ai decidé de les appeller comme ça) étaient des auteurs et qu’ils ne sont pas devenus respectables (dans le sens qui méritent le respect) du jour au lendemain en ayant décidé de mettre la pédale douce sur le graveleux et le trivial. Terrain d’Entente restera pour moi une des meilleures comédies romantiques de ces 20 dernieres années, et le film le plus injustement boudé depuis longtemps. A cet instant précis, à l’instant ou j’écris ces lignes, Michel dépeint avec une émotion typiquement 60’s le “coup de pied dans la montagne“, c’est un parrallèle bien idiot que j’effectue peut-être ici, mais si on considère la comédie regressive comme une montagne, les Brothers lui ont filé un sacré coup de pied aux couilles.

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Fous d’Irene est bluffant dans son irreverence, et se démarque de son prédecesseur – Mary à tout Prix – dans l’absence totale du non-sense presque british qui faisait le sel de ce dernier. Mary était l’exercice de style, avec Irene les Brothers prennent conscience de leurs thèmes fondamentaux qu’ils n’avaient jamais abordés avec profondeur précedemment. De la pure idiote (fascinante, il faut le dire) on passe à la pure et simple pathologie ou l’effrayant cotoie très souvent l’hilarant. Si on exclue les quelques excellentes derives vers l’art purement dramatique de Jim Carrey, l’acteur scientologue tenait ici son meilleur role. Jamais son incroyable talent facial et burlesque ne trouvera justification et terreau plus prolifique qu’avec cette histoire de schizophrène refoulant ses contrariétés pendant des années pour les faire ressortir. On a beau ne pas être sensible à la plastique de Zellweger, on peut sans problème lui reconnaitre un certain talent de faire-valoir. Et ces gags… Ces merveilleux gags. Usant de la déviance la plus totale, les Brothers n’hesitent jamais à prendre le spectateur de cours, jouant à chaque instant avec ses prejugés ou son aversion inassumée pour les freaks ou handicapés. Chez eux, les Blacks grandissent avec Richard Pryor, parlent comme des gangsta rappeurs mais sont d’incroyables surdoués et aiment leur père blanc plus que tout. On se surprend à la vision d’une scène post-masturbatoire, et on est toujours surprit par les intentions secrètes des personnages à l’image de cette géniale scène de pleurs du maléfique alter ego Hank.

En somme un intéressant entre-deux entre la pure régression Farrellyenne et leurs dérives auteuristes des oeuvres qui succéderont.

Pendant que Delpech fantasme sur dans quel monde nous vivions si on imaginait que “Rimbaud chanterait” (drole de vision… Il nous apprend qu’il serait le poing levé, le coeur serré devant une foule qui sifflerait), on va rester dans le domaine de la comédie. Et pas n’importe quelle comédie. On a beau être bon client, il y’a des réalisateurs qui nous restent hérmetiques. Ou plutot… incompréhensibles. Comment Harold Ramis, excellent faiseur cela étant dit, a pu pondre un chef-d’oeuvre de la trempe d’un Jour sans Fin? C’est vrai, quoi. Les Sos Fantomes, c’est très sympa. Mafia Blues, respectable. Mes Doubles…, mmouais… Pour le pire et le meilleur, Pourquoi pas? Mais un Jour sans Fin, quoi! LA comédie culte. Le meilleur film directement post-capra qui puisse exister. La perfection scénaristique absolue. Le film vertigineux, drole, et entetant qui se peut se targuer d’être doté d’une reflexion philosophique et metaphysique beaucoup plus profonde que nombre de films supposés plus intellectuels, moins mainstream. C’est la comédie Hollywoodienne à son apogée, et le pire c’est que c’est sorti en 1990, à l’epoque ou les génériques sont on ne peut plus ringards, et les looks abominables (et c’est surement ça qui fait le charme d’un film veritablement culte, l’association d’un aspect daté et d’une indubitable universalité). Peut-on parler concernant Harold Ramis de ce phénomène artistique on ne peut plus insolite et passionnant qu’est l’état de grace? Peut-on imaginer phénomène plus cruel et fascinant que l’état de grace? C’est vrai, par exemple, Renaud. Comptez pas sur moi pour le critiquer. Le vieux gauchiste popu qui sommeille en moi s’y opposerait inévitablement. Cependant, avouez que Mistral Gagnant c’est quand même un cran au dessus. Il écrit ça en 5 minutes, et chaque personne qui a un coeur dans ce bas monde ne peut s’empecher de lacher une larme à l’écoute du morceau qui en resulte. Est-ce que chaque être humain a un certain laps de grace à un moment donné de sa vie? Et si il le manque? Et si ce jour la il décide de rester au lit, ou est atteint d’une foudroyante gastroenterite qui l’empeche ainsi d’ecrire, de composer, de réaliser le chef d’oeuvre du siècle qui apportera une pierre non négligeable à l’édifice culturel et artistique mondial? C’est ça au fond le message d’un Jour sans Fin. On ne doit pas laisser passer les choses, les évènements, et que si on croit du fond du coeur que quelque chose doit être dit ou fait, on doit le dire ou le faire.

Ca peut paraitre idiot ou pueril, car ça parait beaucoup plus dur à appliquer quand on est plongé dans la vraie vie et dans nos petites occupations quotidiennes. Mais je crois que les messages des films, des livres ou des chansons qu’on aime, on se doit tout de même de les garder quelque part dans un coin de notre esprit. Ce sont des idéaux que l’on se doit d’essayer d’atteindre, même si ça parait difficile ou impossible. Il y’a une scène dans la Maman et la Putain de Jean Eustache ou Françoise Lebrun s’étonne de l’insolite manière avec laquelle Jean-Pierre Léaud fait son lit. Ce dernier lui répond avec une simplicité desarmante : “J’ai vu faire comme ça dans un film. Les films ça sert à ça, à apprendre à vivre, à apprendre à faire un lit”.

novembre 11, 2007

Est-ce que l’orgasme masculin rend l’air con?

Classé dans : rigolooo — legolasda @ 2:20
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Grande question… Vous vous souvenez de cette pub ou le shampooing provoquait chez une charmante jeune demoiselle une reaction coïtale tout simplement démesurée? C’est tout ce dont vous avez besoin pour regarder ça…

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 6

Grand multiplexe du centre de Paris. Seance de 18 heures, il fait déjà nuit, c’est vraiment déprimant. Cette séance de 18 heures est importante. Car c’est celle d’une confirmation. La confirmation que Judd Appatow est définitivement mon chouchou du moment, voire peut-être même un chouchou plus permanent, qui sait. Après tout, il est le véritable héritier moderne des Capra et autres Wilder (attendrons-nous longtemps avant de citer le maître Lubitsch?). Paradoxe vite éventé, caracteristique de l’interessante mutation du statut du producteur au sein de la comédie US, Apatow ne réalise pas, il supervise. Supergrave a été dirigé sous la houlette du “maître”, mais chaque seconde du film réspire son amour pour les Freaks & Geeks, pour paraphraser le titre de sa série télévisuelle fondatrice.

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Premiere originalité du film, la durée diégetique du film qui doit à peine excéder les 24 heures. Structure clairement pompée à la comédie, la mieux réalisée et la plus non sensique et effrayante des années 80 : After Hours. C’est cette greffe qui surprend au premier abord et qui donne son mordant au film : ce mix entre une forme piquée au film noir Scorsesien et un fond typiquement “Appatowien”, à base de rondouillards au physique pas facile et de jolies filles tout droit sorties du plus stéréotypé des rêves californiens. On ne perd pas vraiment au change. A une exploration purement abstraite de la furie qui peut émaner d’une ville la nuit se substitue une sociologie absurde d’une jeunesse ni d’ici ni d’ailleurs, obsédée et affectueuse.

Ca commence comme dans un Tarantino, avec de longues plages de dialogues jubilatoires sur les milles et unes façons de voir le sexe quand on est à demi-puceau, à ce stade précis ou la frustration est si douloureuse, la faute à des hormones qui chatouillent depuis trop longtemps pour rien. On rit, et on voit se succéder les hilarantes mesaventures d’un nerd efflanqué de deux flicards rigolards et delicieusement irresponsables, on assiste à cette quète démesurée, pour si peu de choses : bien s’habiller, trouver de l’alcool avec comme carotte au bout de la course, une bien maigre garantie sexuelle. Le film navigue comme chez Apatow sur les eaux d’un intéressant entre-deux : Un contexte stéréotypé (la ville américaine à la localisation inconnue et peu importante par exemple) à partir duquel nombre de teen-movies ont vendu une version liberaliste du monde américain. Mais ces stéréotypes ne sont jamais fouillés, ils sont considérés comme allant de soi. Comme si nombre de films l’avaient déjà trop fait. Au lieu d’approfondir les lieux communs, on explore les psychés des personnages sans en avoir l’air. Ils sont vulnérables, le deviennent aux yeux du spectateur sans artifice, le tout grace à une narration tranquille, équilibrée, fluide au possible, retranscrivant avec un ton proche du documentaire une nuit à peine moins ordinaire pour trois pauvres adolescents.

La GROSSE originalité du film, donc, (qui tient quasiment du miracle si l’on en juge par la trivialité des gags et des dialogues), c’est sa mélancolie. A l’ecoute du pitch, rares sont ceux qui n’auront pas résérvé une pensée à American Pie, maitre-étalon du genre. Si le film de Chris Weitz apparait de moins en moins drole avec le recul, on ne peut que reconnaitre au film un certain degré sociologique quant à la peinture des moeurs de l’adolescent face à la sexualité. La force du film, son casting (Jason Bigg a fait des étincelles chez Allen, et Sean William Scott est doté d’une veine comique indéniable) est aussi sa faiblesse : le peu de crédibilité et d’émotion qui se dégage d’un film dont les puceaux de 18 ans sont incarnés par des beaux gosses californiens de 18 ans. Supergrave comble ce (large) défaut avec trois pures gueules de comédie : Jonnah Hill (pur fruit de la famille Apatow et bouleversant d’obesité émouvante), l’introducing Christopher Mintz-Plasse (nerd par excellence avec lunettes et boutons de rigueur) et surtout le merveilleux pierrot lunaire Michael Cera dont votre serviteur était déjà tombé (platoniquement) amoureux à la vision de la meilleure série comique de tous les temps, Arrested Development.

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Les dépucelages sont bien entendu titanesques. On retiendra la merveilleuse scène de chant du personnage de Cera, entouré de vingtenaires défoncés, qui restera ce que j’ai vu de plus drole cette année au cinéma. Puis toutes les sequences de virées de McLovin avec les policiers (un des deux intérprété par Seth Rogen, heros de En Cloque, et scénariste du présent film). Mais plus généralement, on pourrait se contenter de cette merveilleuse impression de spleen qui se dégage du metrage, comme cette voiture mise à feu par le jeune nerd et ses accolytes, etranges gardiens de la paix, grands enfants eux aussi cherchant à tout prix l’amour et la tendresse, quète qui inspire chaque personnage de ce merveilleux petit bijou, qui n’a de défaut que son titre et les très mauvais prejugés dont peut souffrir le public français.

novembre 4, 2007

Docteur Cox… Mais qui êtes vous Perry?

Souvenez-vous, c’était il y’a quelques semaines (déjà?), et j’avais le succulent plaisir d’inaugurer ce blog avec un article plutôt bien senti sur Scrubs, mais désormais obsolète. Obsolète, me direz-vous? Et oui, car mon avis sur la série a evolué… On a beau être doté d’un certain amour propre, il n’empèche qu’on est des hommes après tout. Et même que c’est tout ce qu’on est, disait un hypothétique Jack très apprecié parmi les jeunes hommes de notre génération.

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 Mais je m’égare. Au sein de l’article en question, je qualifiais Scrubs de série certes plaisante mais mineure. Que nenni! Un visionnage intensif s’en est suivi, et une addiction maladive en a émérgé. Difficile de survivre sans sa dose quotidienne de tendresse et d’humour chelou mais jubilatoire. D’autant plus que l’évolution même de la série ne fait rien pour arranger les choses, les relations entre personnages s’intensifiant, les scénariis s’affinant, les calembourgs s’affutant. Votre cher serviteur ayant la chance de n’en être encore qu’à la moitié du visionnage de la totalité de la série (et croyez moi, je ferai durer ce plaisir aussi longtemps que possible), je suis encore en plein dans le truc et par extension j’ai choisi les mots et un personnage en particulier pour crier mon amour à cette petite merveille de sitcom medicale sans rires enregistrés.

Le choix s’offrait à moi. La série fourmille de personnages attachants et nevrosés. Question d’équilibre ici aussi, des névroses grosse comme ça, mais un humour encore plus gros comme ça. On ne s’étonnera pas de voir le médecin en chef docteur Kelso asséner des horreurs absolument inimaginables à ses collègues (ou encore pire à sa femme…) sans que cela puisse porter atteinte à la bonne humeur générale du programme. Croyez-bien que quand j’aurai encore plus approfondi le personnage, j’accorderai à la grande joie de mon cher Joe Pesci, un article tout aussi passionné au Concierge, qui le mérite certainement.  Le trio central est tout aussi jubilatoire, là n’est pas la question (on ne se lasse pas des monologues intérieurs de JD, de la black attitude de Turk, et des problèmes psychanalytique d’Eliott). Mais comme il parait qu’on reconnait un bonne fiction à la splendeur de ses seconds roles, c’est à ce cher Docteur Cox, auquel je vais m’atteler.

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Après cette fastidieuse introduction (trois paragraphes tout de même), arrivon-en au noeud du problème :

Qui êtes-vous Docteur Cox? 

Car, c’est vrai, après tout, qu’est ce qu’on en sait? Les scénaristes ont beau vous mitonner des bons petits moments d’introspection, de sincerité et d’explications concernant votre enfance et votre passif à priori tumultueux, on en reste toujours au même point. Les séances chez le psy s’enchainent. Les conseils eclairés à ceux qui vous ont prit pour modèle, on ne les compte même plus. Il reste toujours chez vous cette inconnue qui fait la grandeur des beaux personnages. D’où vous viennent ces monologues terrifiants de maitrise, de puissance comique, dictés sur un ton monocorde et implacable, de temps à autre infiltré par des purs moments de burlesque facial? Ce cynisme, cette prétention? Vous vous confiez, vous faites preuve d’intelligence et de compassion à chaque épisode. Et pourtant quand le générique du suivant touche à sa fin, vous êtes toujours là, intouchable, inamovible, coincé dans cette blouse de médecin grande gueule à la dentition délicieusement chevaline. Comment faîtes-vous? Pour rendre vos moments de sincerité à chaque fois émouvant et inhabituels alors qu’ils ont lieu si souvent?

Il y’a-t-il vraiment un acteur là-dessous? Petite recherche sur allociné… John C. McGinley… Mon dieu, mais c’est une filmographie tout à fait respectable que je vois là!  Un habitué d’Oliver Stone… Platoon, Talk Radio, Wall Street et Né un 4 Juillet… Je suis particulièrement intrigué par ce dernier, étant donné que c’est un de mes films préférés et que je n’ai pas souvenir de vous y avoir aperçu. C’est une experience à faire, vérifier si ce jeu si particulier, que ma nature hyperbolique n’hésitera pas à qualifier d’UNIQUE, a aussi une raison d’être au sein d’un autre univers que celui de celui si balisé de l’hopital Sacred Heart. Je vois aussi ici que l’année 1996 vous a été particulièrement profitable : Michael Bay (avec Rock), David Fincher (avec Seven) et encore Oliver Stone (avec Nixon). Faîtes-vous partie de cette classe de merveilleux acteurs inconnus et plus ou moins ignorés par le grand public pour cause de jeu trop marqué, de physique pas assez lisse? Avec-vous été un jeune premier?

Que voulez-vous, je suis jeune, plein de ressources, et je ne peux empecher mon imagination de cavaler de temps à autre. Je vous visualise en fier soldat d’Hollywood. Celui qui n’est pas dans l’ombre, mais pas tout à fait dans la lumière. Vous auriez pu être Tom Cruise. Vous n’avez même pas eu assez de chance pour être Robert Downey Junior. La télévision, ce média en pleine explosion fictionnelle, vous a donné une chance, comme elle en donne à tant malchanceux de l’intérpretation cinématographique.

Votre jeu tout en folie allié au calme, le feu et la glace en somme, nous infiltre et nous assome. On vous sait fervent démocrate dans la série, toujours prêt à se dévouer pour son patient tout en hésitant pas à lui donner un bon coup de pied au cul à la première occasion. Vous avez votre fierté et n’hesitez jamais à vous soulever contre l’injustice de l’establishment hospitalier. Vous arrivez à nous faire croire (et ce n’est pas un petit mérite) qu’être médecin – profession libérale si il en est – c’est être de gauche. Vous apportez à la série médicale (genre à part entière, apparemment) ce qui lui manquait, son soupçon de folie et d’insubordination, loin des derives définitivement trop soaps de Grey’s Anatomy ou du spleen devenu limite agressif au fil des années des Urgences de Chicago.

Merci, Perry, vraiment….

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Et alors?

Classé dans : Littérature — legolasda @ 2:16
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Vous avez tous surement entendu parler de l’explosive révélation de J.K. Rowling, l’auteure d’Harry Potter, concernant la sexualité d’un des personnages centraux de sa triomphale saga : et oui, Dumbledore est gay.  Il fallait s’y attendre, les réactions s’enchainent sur les blogs et les forums du monde entier. Les réactions extremes bien entendu : les associations homosexuelles se réjouissant d’une telle infiltration au sein d’un tel monument de culture populaire, et, à l’opposé, les associations catholiques trouvant ici une nouvelle occasion de fustiger une littérature qu’ils fustigeaient déjà auparavent pour son imagerie diabolisante et païenne.

C’est mon ami Damien, un des plus fervents commentateurs de ces pages, qui m’apporta cependant le sentiment le plus original, vis-à-vis des penchants de notre vieillard préféré.

“C’est dégoutant. Un personnage aussi important que Dumbledore ne devrait pas éprouver ne serait-ce qu’une once de pulsion sexuelle. Il est l’image du père, le mentor, le guide”

Je n’approuve pas ce sentiment, mais faut-il seulement lui reconnaitre qu’il ne relève d’aucun jugement homophobe ou intolérant. Il pose une question bien plus intéressante… Autre que les tabous de la sexualité du troisième age ou le fait d’imaginer la copulation de ses propres parents, un personnage de l’ampleur d’Albus, détenteur de tout ce qui fait le message de la saga Harry Potter, a-t-il le droit d’avoir des sentiments, de céder à la subjectivité? Mais surtout, dans la société dans laquelle nous vivons, accorde-t-on autant d’importance à la parole d’un homosexuel qu’à celle d’un hétérosexuel, si tenté qu’il soit considéré par toute une communauté comme étant vénérable, incroyablement doué et intimidant?

Adonnons-nous à un petit travail d’imagination? Si il y’a presque dix ans, nous avions ouvert le premier tome de Harry Potter en sachant que le directeur de Poudlard était un homosexuel, aurions-nous accorder un tel intérêt, un tel succès à cette suite d’excellents livres qui, gageons-le, ne tardera pas à devenir un pillier de l’Art populaire et universel de notre siècle? On a beau se convaincre que nous sommes des gens tolérants, ouverts, on accorde pas le même statut à une oeuvre dont un des personnages centraux est homosexuel. L’etiquetage est une tendance dangereuse, ancrée en chacun de nous sans qu’on puisse s’en rendre compte la plupart du temps. Une tendance analogue aux pires formes de racisme ou d’intolérance.

Plus qu’un petit coup de théâtre orchestré par une des femmes les plus riches d’Angleterre, qui a surement passé avec brio son examen de marketing, c’est une jolie petite leçon que nous prodigue Rowling. Peut-être, contrairement à ce qu’elle avance, n’a-t-elle pensé à cette hypothèse que très recemment (on peut découvrir tellement de choses intéressantes au sein de sa propre création). L’homosexualité de Dumbledore ne change rien à l’intrigue du livre, elle n’apporte pas d’explications specialement pertinentes. Après tout, quelle que soit la nature des relations entre Dumby et Grindelwald, amicale ou amoureuse, le fond du problème est le même. Dumbledore reste dans l’esprit des lecteurs une figure forte, obsédé par ce qu’il y’a de beau dans le monde et dans l’humain. A une morale simpliste s’ajoute un contexte qui l’est beaucoup moins : qu’est ce qui est le plus important dans l’esprit du lecteur,

 Le message ou celui qui le prodigue?

novembre 1, 2007

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 5

C’est l’après-midi. Je suis seul dans mon quartier préférée. Je VEUX aller au cinéma. Il le faut. C’est nécessaire à mon équilbre. C’est mercredi, et une flopée de nouvelles bobines viennent de faire irruption sur ce marché on ne peut moins florissant mais genereux. L’offre a bon être conséquente, ma demande se tourne vers une oeuvre précise. Du bien, j’en ai entendu. Pas mal. Bon casting, ça traite d’un sujet couillu et de la séquence de guerilla urbaine.

Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité et mon envie.

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Le Royaume donc, qui, dans les magazines de cinéma disons mainstream (climax, etc.) est attendu depuis des mois. Produits par Michael Mann, initié par ce dernier puis confié au jeune loup prometteur Peter Berg (réalisateur du à priori très sous-estimé Bienvenue dans la Jungle), le film traite du conflit au Moyen-Orient à travers l’enquète d’un groupe de quatre membres du FBI depechés en Arabie Saoudite contre l’avis de leur hiérarchie à la suite d’un attentat déstructeur fomenté par un émule de Ben Laden. Ils feront face tour à tour à l’absence de bonne volonté de leur propre gouvernement puis à la réticence des “autochtones” quant à l’interventionnisme américain.

Ca commence par un générique résumant le passif des relations entre les USA et l’Arabie Saoudite pour la “génération Zapping/Mtv” comme le disent si bien les Inrocks. C’est une bonne initiative, un bon cours de géopolitique en trois minutes chrono qui ne fait pas de mal au sein d’une production hollywoodienne souvent decriée pour sa propension à détourner les faits dans une optique douteuse ou pour tout simplement le bien de la fiction et de la narration. Ici, ce problème ne se pose pas, réalité et fiction, sens et narration, s’enlassant parfaitement…

Le plus intéressant dans le film c’est son rythme. Non seulement, on est tenu en haleine, mais ce rythme si soutenu profite au propos du film. Difficile de faire un film d’action sur des problèmes aussi graves et immédiats. Je pense à un film si souvent défendu par mon ami Joe Pesci, mais qui incarne pour moi un des problèmes les plus répandus dans la fictionnalisation Hollywoodienne : Blood Diamond. Problème tellement répandu que je n’hésiterai pas à le qualifier de “syndrome Blood Diamond” (non pas qu’il soit le premier, ou qu’il se limite à la flimographie d’Edward Zwick, c’est simplement un film qui incarne particulièrement bien cette propension). Dans le film précité, Zwick filme tout un tas de figures qu’on croit souvent propres à de terrifiantes images pour Journal Televisé : le village africain opprimé, l’enfant avec un AK-47 entre les mains, etc. Non pas qu’il soit regrettable qu’Hollywood s’empare de tels thèmes. La gène survient dans l’esprit du spectateur face au pseudo-lyrisme d’une mise en scène académique propre au film à oscar Hollywoodien. Le spectre de l’instrumentalisation du Tiers Monde apparaît et le projet en deviendrait presque meprisable. Le rythme du Royaume, lui, ne donne pas le temps au spectateur de cette distanciation qui releverait de la bétiste quand il s’agit de traiter d’un sujet aussi immédiat, aussi actuel…

A l’instar du prochain Redacted de Brian de Palma, la mise en scène et le montage du film de Berg opère une sorte de mix entre l’immédiateté d’un flash télévisé (en celà on se rapproche du Fils de l’Homme d’Alfonso Cuaron, véritable chef-d’oeuvre on ne le dira jamais assez, qui avait le génie de plaquer ce procédé à une base science-fictionnelle) et l’apreté d’un Michael Mann non pas light mais condensé. En effet, l’ombre du producteur plane sur le projet. On repense à la première séquence de Révélations pendant laquelle le reporter incarné par Al Pacino interviewait un chef terroriste méfiant. Il y’a aussi ces très maitrisées et réalistes scènes de fusillades qui font tout le sel de Heat ou même de Collateral. Si il n’y a pas la maitrise du maître, il y’a l’intention et comme Le Royaume dure moins longtemps que la moyenne des films de Mann (on atteint souvent les trois heures), le film s’avère surement plus accessible que si Mann l’avait réalisé.

Personnellement, je ne suis pas un grand fan de l’immense Michael et ne participerai forcèment au dythirambe critique dont il a la joie d’être l’objet dans notre beau pays. Peter Berg a sa propre voix, et même sous l’ombre de son mentor et producteur, il parvient à s’exprimer de son propre chef et avec brio.

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Le rythme, donc, ne donne pas au spéctateur le temps de prendre les évènements avec du recul. Les incohérences, on ne les voit pas (on est pas forcèment super calé en situation en Moyen-Orient, pour les déceler de toute façon), et on assiste à de l’excellent divertissement sans que notre conscience politique se sente instrumentalisé. C’est un équilibre difficile (je vais finir par croire que le thème du blog, c’est l’équilibre…) et Peter Berg ne fait pas pencher la balance, tient le cap avec l’intelligence des faiseurs d’Hollywood trop longtemps restés dans l’ombre. C’est le casting et le traitement des personnages qui incarnent le mieux cet équilibre. Les scènes d’approfondissement des relations sont concises, brèves et efficaces. On ne s’attarde pas sur la perte de l’agent du FBI victime de l’attentat originel (On pleure trente secondes, on évoque des vêtements de pèche, basta) pas plus que sur l’amitié naissant entre Jamie Foxx et le policier arabe censé le materner (une hilarante discussion sur les series télés américaines). Si le film est standardisé, il le cache très bien… On est heureux de voir Jason Bateman, héros de la série Arrested Developement (meilleure comédie du monde, répétons-le en boucle jusqu’à notre mort), infiltrer un film dit “serieux” sans jouer outragemment le bouffon de service. Jennifer Garner use de toute la discretion et l’elegance, propres à une actrice qui a réussi si tard dans le métier, qui ont fait son succès. L’oscarisé Chris Cooper, impec, comme à son habitude. Puis bien sur le tandem Asharf Barhom – Jamie Foxx, incarnant l’alliance entre les peuples, sans drapeaux ni trompettes, avec une pudeur et une simplicité qui manquent trop souvent.

Le rythme (toujours) ne donne pas le temps au spectateur de remettre en cause les motivations des héros, l’implication du metteur en scène, la légitimité du projet. Il n’y a pas la prétention que peut avoir le cinéma face aux clichés que nous sommes censés avoir sur le Moyen-Orient (“Oh mon dieu! Même les terroristes ont une famille?”), tout est affaire d’évidence, il n’y a pas de grandes révélations sur l’administrations Bush et sur leurs relations avec le pétrole. Il s’agit de décrire un problème, une situation qu’il est suffisament difficile à exposer pour pouvoir à peine penser à le résoudre tendu comme l’illustre une scène finale équivoque et pessimiste qui résume le propos de Munich en deux minutes (ça n’enlève rien à la qualité du film de Spielberg).

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En bref…

Remarquable morceau de cinéma, qui répond brillament au “syndrome Blood Diamond“. On abandonne ici l’Hollywoodisation tous azimuts pour une approche divertissante et subtile, tendance Michael Mann pour les nuls. Une mise en scène très steady-cam qui précipite le film dans l’actualité, sans aucune prétention, sans aucune propension apparente à la fictionnalisation des faits. Un parfait exercice d’épuration. J’ai évoqué Munich. Il y’a un parrallèle interessant à faire : si Spielberg collait nerveusement aux codes du film d’espionnage et au polar des années 70, c’est clairement au western qu’on pense face au Royaume. Une réappropriation intélligente des codes, une réactualisation des enjeux territoriaux et politiques des meilleurs Hawks, Mann (!) et des Ford les plus humanistes.

Le Royaume, en fait, c’est un point de départ, une base, peut-être même une proposition. Un prototype avec ce que cela implique d’épure et de faux simplisme. Il pose les fondements d’un western moderne apre et sauvage qui aura, soyons-en sur, la facheuse (et plaisante) tendance à pulluler au sein des calendriers de sortie de l’Hollywood de ces prochaines années. Il n’est plus impossible de faire des films sur l’Histoire en Marche en Amérique, ce qui n’est pas sans nous rappeller une époque où on se permettait de mettre en scène l’assassinat d’Hitler. Sans propagande, ni manipulation, espérons-le…

octobre 28, 2007

CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 4

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 4:10
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Une seconde partie de soirée plus inoubliable. Je retrouve mon Joe Pesci (plus blond vénitien que brun sicilien, après mure réflexion) accompagné d’un deuxième larron à la taille injustement peu révélatrice de sa grandeur d’âme. Un nouveau « trio de cinéma », donc, pour découvrir ce nouveau Halloween version Rob Zombie. L’histoire, est-il vraiment besoin de la rappeler étant donné que l’original de Carpenter s’impose comme le maitre-étalon du slasher tel que nous le connaissons ? Tentons quand même ; Michael Myers est emprisonné à l’age de 10 ans dans un hopital psychiatrique tout simplement pour avoir massacré la moitié de son arbre généalogique. 17 ans plus tard, il s’échappe au grand dam de son psy (Malcolm McDowell, Coooool) et du sheriff de sa ville d’origine (Brad Dourif, Cooooool).

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Un article, constellé de spoilers donc, et ne croyez y échapper si vous avez vu l’original, car, c’est tout l’interêt de la vision de Rob Zombie, la version de 2007 s’en écarte légèrement, non pas en modifiant l’intrigue, bien au contraire, en l’enrichissant considérablement.
Carpenter était dans l’épure, il était le pionnier d’un genre qui allait s’épanouir considérablement dans les années 80 pour virer sur la pente parodique durant les années 90. C’est un slasher de base qui débarque sur les écrans en 1978, avec les petites ficelles qui feront loi par la suite, à savoir une montée de l’angoisse tout ce qu’il y’a de plus graduelle, un meurtrier aux motivations mystérieuses voire inexistantes et une inspiration très De Palma dans cette jouissance du voyeurisme pour la jeune demoiselle américaine de classe moyenne. Rob Zombie n’a pas besoin d’intégrer ces éléments, il les avait déjà joyeusement détournés voire malmenés dans La Maison des 1000 Morts, elles font partie intégrante de son univers, mais aussi de l’inconscient collectif de toute une génération.

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Sa démarche est intéressante dans le sens où son Halloween trace une ligne B totalement indépendante de la ligne A de l’original. Elles partent d’endroits différents mais se rejoignent de façon troublante durant toute la seconde partie du film, on y reviendra plus tard.
Ca commence comme un film de Rob Zombie, une famille de hippies ascendant Charles Manson qu’on dirait tout droit sortis de  (l’aspect sympathique en moins), le précedent film du réalisateur. père odieux et buveur de bière, mère strip-teaseuse et grande sœur allumeuse aux mœurs peu reluisantes. C’est ce qui m’effrayait un peu avant de voir le film. Cette nécessité d’inventer un contexte à la naissance du Mal. Zombie parvient heureusement à éviter cet écueil en traitant avec un mystère brumeux la personnalité du petit Myers. Dans ce role pour le moins pas facile, le jeune Daeg Faerch évoque une reproduction miniature de Michael Pitt version Cobain, Il est l’incarnation rock’n roll et nihiliste d’un Mal qui ne s’explique pas, qui existe, un point c’est tout. A partir de là, on pourrait penser que la version ne fait pas sensiblement avancer le schmilblick d’un point de vue purement thématique ? Que nenni. Un apparent détail rend la vision du Halloween de Zombie infiniment plus intéressante que le simple slasher de Carpenter. Une trouvaille scénaristique plus que brillante qui justifie tout le remake. Durant le massacre du début, filmé viscéralement avec fascination et longueur, à l’inverse du fameux plan-séquence introductif de l’original, le jeune serial-killer épargne deux personnes : sa mère, absente pour cause de strip-tease, et sa petite sœur sagement restée à l’écart des effusions de sang dans son petit parc. Candeur de l’enfance, admiration devant la virginité, l’absence de vice, de méchanceté. La mère se suicidera pendant l’internement de son fils (superbement campée par l’épouse du réalisateur, soit dit en passant, Sheri Moon Zombie, présente dans tous ses films). Et le retour de Michael Myers dans sa ville d’origine à la suite de son évasion, trouve ici cette justification : revoir la petite sœur devenue grande, adoptée depuis par une famille tout ce qu’il y’a de plus respectable, gentil et démocrate à quelques pâtés de maison de la demeure originelle. Comme je le disais précédemment, la réussite d’un film tient dans un certain équilibre. Si Zombie ne donne pas d’explications claires et précises quant à l’origine du mal, il prend l’initiative de laisser au spectateur des pistes intéressantes (le contexte famillial craignos, l’éprouvant internement psychiatrique beaucoup plus développé dans cette nouvelle version) tout en se gardant bien d’apporter des réponses claires et précises, tout en conservant précieusement cette notion typiquement Carpenterienne de Mal Absolu surgissant du néant. Equilibre entre analyse sociologique et sensibilité fantastique.

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La deuxième partie du métrage apparaît plus ennuyeuse pour quiconque connaît déjà l’original. Mais, une fois de plus, il n’en est rien. Zombie dissémine avec parcimonie les clins d’œil à l’original (le passage télé de la Chose de Howard Hawks réitéré à deux occasions à 17 ans d’écart, illustrant parfaitement le pont entre deux époques qu’incarne le film), sans oublier d’y insuffler son style brut de décoffrage malmenant les phases de tension en les distordant à sa guise, jubilant à faire apparaître son mythique serial killer au moment qui est VRAIMENT le plus inattendu. Le Tarantino du Gore, comme je me plais à l’appeler (on a les plaisirs qu’on peut), s’amuse comme un petit fou avec son matériau d’origine, jusqu’à un éblouissant final de poussière et de fracas, dont le jeu de pistes labyrinthiques n’est pas sans évoquer les plus brillantes mises en scène de terreur made in Spielberg.
Au final, la séquence la plus emblématique du film (et aussi la plus terriblement belle), se trouve quelque part dans l’avant-dernière bobine, dans un recoin caché de la maison Myers et du merveilleux climax dont nous fait offrande le petit génie Zombie. La jeune Laurie se réveille dans la ténébreuse cachette de son psychopathe de grand frère. Ce dernier s’avance doucement vers elle, la tension est à son paroxysme… Il lâche son couteau, le déposant presque au pied de la demoiselle, et s’agenouille devant elle. Il ne communique pas, il ne tue pas. Pendant ces quelques instants, inédits, un trou noir, un gouffre interprétatif. Le seul geste social dont Myers est capable, c’est la violence. En ce sens, il se rapproche véritablement de la figure du « zombie » (hé hé) flottant subtilement mais inconstestablement sur toute l’œuvre de Carpenter. Si il ne tue plus existe-t-il vraiment ? Il offre la vulnérabilité de son corps à la seule personne qu’il ait jamais épargnée. Veut-il mourir ? A-t-il une conscience ? Une Ame ?

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Oh non, trop de questions pour ma pauvre cervelle vendue à Coca Cola, il est tard et j’ai mal à la tête. En bref, magnez vous de voir ce film, vous y verrez ce que vous voulez voir. Si vous êtes en couple, toi le petit copain, tu seras ravi de te faire massacrer le bras par ta petite copine terrorisée, et toi la petite copine tu seras ravi d’éprouver des sensations fortes et d’éprouver en parrallèle cette délicieuse impression de protection que te procurera le petit copain sus-nommé. Si tu es seul et que tu lis Mad Movies, tu diras que c’est le meilleur film de l’année. Si tu es seul et puriste, tu diras que Carpenter l’avait aussi bien fait avec moins d’esbrouffe. Si vous êtes pleins de copains, vous rigolerez bien en faisant semblant de pas avoir peur, et en vous vantant discrètement auprès de votre voisin d’avoir reconnu telle ou telle référence (« oouaaah t’as vu le T Shirt Kiss ?).
Quant à mois, je suis peut-être un peu tout ça à la fois, mis à part que je ne suis peut-être pas aussi fan de Carpenter que ça… Par contre Rob…

I’m Not There – Todd Haynes

Classé dans : Cinéma, Musique — legolasda @ 4:00
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La vraie fausse biographie de Bob Dylan par Todd Haynes sort avant la fin de l’année. Et je n’attends plus que ça!

Il faut dire que votre serviteur, qui a toujours été un fan de l’homme aux lunettes noires, est atteint en ce moment de Dylanite aigue, entre écoute attentive de ses merveilleux albums et lecture de l’excellent bouquin de François Bon, qui avait déjà fait un travail remarquable en retraçant la carrière des Stones en 2002. Ces deux livres son hautement recommandés par mes soins bien entendu.

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CCPP (Cahier Critique Permanent et Pertinent). Episode 3

Classé dans : Cinéma — legolasda @ 3:50

Quelques jours plus tard, après une nouvelle session université pas des plus passionnantes, un de mes proches amis, que je ne citerais pas, me propose ce deal avec une verve digne des plus flamboyantes interprétations de Joe Pesci « Ecoute, je dois aller travailler mais je meurs d’envie d’aller voir Halloween ce soir à 20h ». Ok, très bien moi aussi. Rob Zombie est mon idole absolue, et j’essaye d’aller voir ce film très mal desservi sur la capitale depuis des jours (là aussi, pour trouver une VO bon courage…) Mais je fais quoi moi exactement en attendant. Et voilà que mon mafieux sicilien préféré me répond « T’as qu’à aller voir Sa Majesté Minor en attendant… Tu vas voir c’est rigolo ».
Je me soumettais à sa pas si bête imprécation, me rappelant que finalement je n’avais pas grand chose contre Jean-Jacques Annaud et qu’un tel tollé critique ne pouvait être que totalement suspect. Et encore une fois, comment peut-on vraiment critiquer ce film ? On ne peut pas l’encenser non plus, bien sur. Mais pourquoi taper de façon aussi violente et éhontée sur ce qui est original ? Qui sort un peu de l’ordinaire ? Nous ne sommes pas en présence d’un film qu’on analysera dans les cours de cinéma dans 30 ans, à l’inverse des films dont Annaud se prétend l’héritier (Fellini, Pasolini et compagnie), certes. Mais est-ce que c’est honnêtement ce qu’on attend de Jean-Jacques Annaud ? Bien sur que non. C’est un franc-tireur, qui fait ses films incroyablement chers et originaux comme il peut. Quand on veut faire de l’original avec des papas et des mamans ours, ça marche. Quand on met en scène la sodomie d’un homme cochon par un satyre belliqueux et grande gueule, ça marche moins. Et cette greffe entre cinéma populaire, fable, mythologie et paillard, ça ne marche pas du tout. Le spectateur moyen, qui ne s’attend pas à voir un miracle de cinématographie pure quand il est entré de la salle, en a eu pour son argent, rigolant bien aux pitreries d’un trio de vieilles gueules impayables (Rufus – Brasseur – Bideau, il fallait y penser…), appréciant à sa juste valeur un accomplissement technique agréable pour la rétine et se gaussant doucement d’assister à cette incursion de légère subversion au sein du mainstream français.
Et le pire c’est que deux personnes ont quitté la salle (déjà pas bien remplie) avant la fin de la seconde bobine… Il en faut vraiment peu.
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